19 septembre 2006

Restons dans le vague


Il y a des semaines comme ça, on est presque content d'avoir perdu ses lunettes. Une actualité maussade est moins désagréable quand le monde entier paraît flou, flou, flou. Evidemment, quand la vue revient, le moment de faire le point n'est pas plus agréable.

Pourtant la semaine n'avait pas mal commencé: très bon bilan de l'activité de campagne (allez voir les photos sur le blog de Sigrid) et surtout Everton qui écrase Liverpool 3-0 dans un derby sur les rives du Mersey - que demander de plus?

Et puis, patatra! On apprend l'arrestation d'une douzaine de fascistes, dont un grand nombre de militaires, qui se voyaient mener une bonne vieille campagne de déstabilisation du pays à coup d'actions musclées. Vu leur arsenal (armes de guerres,...), on peut se dire que leurs actions n'auraient rien eu de folklorique.
J'étais un peu jeune dans les années quatre-vingts pour me souvenir exactement de ce que pouvaient être les années de plomb, par contre je me souviens relativement bien de l'ambiance. Et franchement, le fait de savoir qu'il existe encore des groupements d'extrême droite (sur le modèle Gladio et compagnie) susceptible de jouer les Bob Denaer dans notre petit royaume pépère n'a rien de rassurant. Dans ce genre de cas, on a beau se dire "plutôt Vienne que Berlin", on se sent un peu seul...
A noter en passant, les médias francophones se sont tous focalisés sur le fait que les "12 salopards" (je fais dans la référence cinématographique de haut vol) sont flamands. Je m'en voudrais de peiner les amis de Ségolène, mais je trouve qu'on aurait pu plutôt se poser des questions sur le fait que 10 sur 12 sont des militaires. Et que ce n'est pas la première fois qu'on démasque dans ce pays des maniaques galonnés qui se prennent, qui pour le général Alcazar, qui pour le général Tapioca. Je ne nie pas qu'il existe des militaires de gauche - la guerre civile espagnole, pour ne citer qu'un exemple romantique, l'a assez montré - mais on permettra tout de même de se demander dans quelle proportion...

Enfin rassurez-vous, citoyens, en fait l'armée, ce n'est pas du tout une institution pour cas un peu limites de types traumatisés par Chuck Norris dans leur prime jeunesse. En fait, c'est plutôt une sorte de grand rassemblement de nostalgiques du scoutisme. La preuve, la Belgique va servir de terrain de jeux à un espèce de Jamboree International: les grandes manoeuvres. 5000 traîneurs de sabre belges, français, allemands, autrichiens et autres vont transformer le pays en plateau de kriegspiel, depuis le débarquement à Knokke le Zoute jusqu'à la bataille de boule de neige sur le signal de Botrange, avec saut en parachute et couverture aérienne. Du grand spectacle. La construction européenne est en marche. Avis aux familles: on considère qu'un pourcent de perte est quelque chose d'acceptable dans ce genre d'évènements. Saluez le pourcent de ma part.

Dans un autre registre, on apprend un poil plus tard que notre ministre des finances, le très sérieux président du MR (vous vous souvenez, la droite néo-libérale?), s'est aperçu qu'il y avait eu comme une petite erreur de manipulation dans l'encodage des rentrées fiscales. Enfin, quand je dis qu'il s'en est aperçu, ce sont surtout quelques petits contribuables surpris de se voir réclamer plusieurs millions d'euros de contributions qui le lui ont mis sous le nez. Conclusion, il manque quelques 900 millions pour le maintien à l'équilibre du budget 2007. A neuf mois des législatives, ça n'est pas très présentable. Les uns râlent déjà sur l'administration - mais l'administration a bon dos. Pour ma part, je me demande quelles sont les mesures qui passeront à la trappe faute de financement pour garantir la sacro-sainte orthodoxie budgétaire. On peut déjà prendre les paris: je ne pense pas que les allègements fiscaux pour les classes aisées risquent trop gros.
Mais peut-être suis-je trop méfiant, finalement: il doit bien rester quelques bâtiments dans le coffret à bijoux de famille gouvernemental. On pourra toujours les vendre au tiers de leur valeur et les re-louer sitôt rénovés pour un montant de nature à garantir à l'heureux acheteur l'amortissement de son investissement en quatre ans.

Ca mériterait bien une petite réflexion sur l'impact des politiques menées -sans contrôle politique justement - par la Banque Centrale Européenne comme garante du pacte de stabilité sur les politiques budgétaires nationales. Ou au minimum sur la nécessité d'instaurer un contrôle de la direction de cet organe par les citoyens. Mais ne nous aventurons pas: on risquerait fort de se rendre compte que, contrairement à ce que disent certains, "le politique peut tout"...

Aujoud'hui, on apprend que les sociaux-démocrates scandinaves doivent concéder la victoire électorale aux conservateurs. Au moment où le Parlement Européen est sur le point de voter une résolution consacrée au modèle social européen, ça n'augure de rien de bon!

Et pour boucler la boucle, Everton a laissé filer deux points samedi en concédant le nul (2-2) à Wigan... Quand je vous dis qu'il y a des semaines sans...

07 septembre 2006

You never walk alone...



Les communales sont des élections importantissimes en Belgique. Notamment parce que les communes disposent d'une autonomie très importante par rapport à ce qui est le cas dans les pays voisins. Surtout parce que c'est le niveau de pouvoir le plus proche du citoyen et, partant le plus participatif. Celles du mois d'octobre revêtent une importance plus grande encore parce qu'elles auront valeur de test en vue des élections législatives qui devront se tenir au mois de juin prochain.
Dans deux pays européens, la campagne pour les législatives est déjà en route: en Autriche, nos camarades de la SJOE ont lancé leur campagne le 1er septembre autour du slogan "Ich wähl mein Leben zurück" (j'ai toujours été nul pour traduire les nuances avec les verbes à particule séparable, si ça vous tente...). Les principaux thèmes sur lesquels ils attaquent le gouvernement Schüssel: l'âge d'accès au droit de vote, les droits des étudiants, la réduction des pensions, la pauvreté des femmes et le chômage des jeunes. Vous pouvez suivre leurs actions et le développement de la campagne sur leur site (surprise, surprise: c'est en allemand). Le vote se tiendra le 1er octobre, tout juste une semaine avant nos élections à nous.
En Suède, la campagne vient de prendre un tour étonnant. Après un début, sinon difficile, à tout le moins un peu lent pour le parti social-démocrate, un véritable watergate à l'aquavit est en train de se faire jour. Les jeunes libéraux suedois ont été pincés pour avoir "cracké" le site des sociaux-démocrates et fait main basse sur des documents confidentiels internes. Ambiance et cotillons. Les infos en anglais ne sont pas légion, ce qui rend la lecture du Blog d'Eric Sundström d'autant plus intéressante. Et puisque je parle de ce blog, samedi prochain, c'est la première manche du derby Everton/Liverpool. Attendez-vous à ce que le rythme de publication d'Eric diminue après la pillule que les Toffees vont mettre aux Reds!

05 septembre 2006

Open your mind!


Etre socialiste, c'est évidemment être internationaliste. Je vous renvoie souvent à différents posts de nos camarades européens. Alors que l'ambiance est un peu tendue sur le front communautaire, j'ai plaisir à rappeler que les jeunes socialistes en Wallonie et à Bruxelles se sentirons toujours plus proche d'un autre jeune socialiste, quelle que soit sa langue, que d'un droitiste "bien de chez nous".
Depuis peu, Bram Boriau, le président d'Animo, a aussi son blog. A consommer sans modération!

Tsunami sur le Tagawa?


Depuis un peu plus de dix ans, l'hotel Tagawa, sur l'avenue Louise, est devenu un véritable symbole. Laissé à l'abandon par son propriétaire, l'ancien hotel a d'abord été squatté avant que les occupants ne s'associent au sein de l'ASBL "321 logements". Depuis trois ans et demi, l'ASBL vivait en bonne intelligence avec le propriétaire, chacun y trouvant son compte: le bâtiment était entretenu et son occupation le garantissait contre les dégradations, tandis que 55 personnes trouvaient à se loger dans un Bruxelles en crise du logement. Ajoutons que le propriétaire se soustrayait de la sorte aux taxes sur les immeubles inoccupés. Taxes que les autorités ont généralement les pires difficultés à percevoir, soit dit en passant.
Un "projet social d'occupation", un véritable exemple, une bonne pratique comme on aimerait en voir plus souvent. Sauf que...
Sauf que ce mardi, d'après Le Soir, la société propriétaire du bâtiment convoque l'ASBL en justice en vue d'obtenir son expulsion. Des projets pour l'immeuble? No se!
Sans préjuger de l'issue de l'action juridique, le fait montre toute la faiblesse des locataires dans le rapport de force qui les oppose aux propriétaires. Et le droit civil n'est pas vraiment de nature à limiter outre mesure le libre usage de la propriété privée. Encore une illustration de la difficulté d'implémenter le droit au logement garanti par la constitution.
On se prend à rêver d'une action publique permettant de suppléer au propriétaire cynique ou défaillant... Oh mais, je suis distrait tout de même: ça existe! On appelle ça le droit de gestion publique, qui donne le pouvoir aux autorités locales - entre autres - de prendre en charge les logements ne répondant pas aux normes du Code du Logement en vue de rénovation, ou encore les logements inoccupés, et ce pour une durée maximale de 9 ans.
Evidemment, des immeubles comme le Tagawa ne sont pas considérés comme des logements au sens du Code. Il me semble qu'il faudrait tout de même envisager de renforcer l'outil en l'élargissant à ce type de situation.
On pourrait aussi envisager, plutôt que de prendre à sa propre charge des rénovations coûteuses, que la puissance publique conclue des conventions du types "bail à rénovation" avec des ASBL comme "321 logements". Si l'action est entreprise assez rapidement, l'ASBL n'aurait pas nécessairement de travaux lourds à accomplir mais uniquement à garantir le maintien en l'état par une occupation "en bon père de famille". La situation pourrait être pérennisée par une pression de l'acteur public vers le propriétaire en vue de la réaffectation de l'immeuble pris en gestion et une clause de maintien dans les lieux pour une durée X de l'ASBL partenaire.
Fuite au prochain Lavabo (comme disait Jean-Luc Fonck). Ah oui: l'illustration vient du site du collectif Farm Prod.

04 septembre 2006

Sondage.


En période de campagne, des tas d'évenements improbables peuvent se produire sans crier gare. Par exemple, aujourd'hui - croyez-le si vous voulez - j'ai lu un article dans la Dernière Heure. Et pour pousser le vice jusqu'à son comble, je vais même vous donner un lien vers cet article. Non pas que ce journal ait fait des progrès fracassants mais il publie aujourd'hui un sondage IPSOS sur la situation politique à Ixelles. Sondage dont vous trouverez les résultats complets ici.
Les deux premiers éléments à garder à l'esprit à la lecture de ce sondage sont, d'une part, la marge d'erreur assez conséquente (5%), renforcée par un grand nombre d'indécis au premier abord (près de 20%) et, d'autre part, le fait que le sondage a été réalisé avant que la liste de l'ex-échevin écolo, ex-camarade de la section PS d'Ixelles, Brouhon ne soit publiée.
Cet avertissement fait, qu'est-ce que madame Soleil nous prédit pour le 8 octobre? En fait, une météo électorale relativement stable par rapport au scrutin de 2000:
MR toujours en tête mais en léger recul avec 35%
Ecolo pointe à 25%
Le PS clame 15%
et le cdH ferme la marche des partis démocratiques avec 8%, en progression de près de deux points.
Quels enseignements tirer de ces projections?
Tout d'abord, on doit constater que compte-tenu de la marge d'erreur, la majorité sortante, un olivier PS-Ecolo-cdH, reste en position d'être reconduite. Lors de la présentation de la liste et du programme à la presse, Willy Decourty a déclaré que la reconduction de cette majorité avait sa préférence. Il va sans dire que je suis dans le même état d'esprit: pas question pour moi que le PS accepte de retourner au pouvoir avec la droite! Le MJS se bat depuis assez longtemps en faveur d'un front des progressistes et je ne suis pas plus prêt de cautionner une alliance PS-MR au niveau communal qu'à n'importe quel autre niveau. On voit assez ce que ça donne au niveau fédéral. Et puis, franchement, 70 ans après le Front Populaire, bonjour le symbôle!
Quant à l'éventualité d'une coalition bleue-verte, les Libéraux l'ont exclue tandis qu'Ecolo a annoncé vouloir rempiler dans un Olivier.
Donc, au vu des chiffres, et en tenant compte de ce que le score d'Ecolo pourrait baisser sensiblement au profit de la liste indépendante "XL Citoyen", il me parait clair qu'il est temps de nous mesurer à nos véritables adversaires, les droitistes du MR. Le mois de campagne qui nous sépare du 8 octobre ne peut pas être perdu en vaines escarmouches contre nos partenaires de majorité! Cela est d'autant plus vrai qu'à la question "quel bourgmestre souhaitez vous voir à la tête de la commune pour la prochaine mandature?", Willy est au coude à coude avec Dominique Dufourny, la tête de file libérale. Tandis qu'une écrasante majorité d'ixellois (62%) n'a pas d'avis sur la question. A nous de les convaincre qu'ils auraient tort de s'en foutre éperduement.
Enfin, autres points inquiétants et peu commentés par les journalistes, les scores annoncés pour les "autres listes francophones" et les "listes Néerlandophones". Si ces dernières sont créditées d'un score statistiquement insignifiant - en dessous de la marge d'erreur, les premières reprennent du terrain perdu en 2000 et talonnent les démocrates-chrétiens. Or, qui sont les "autres listes francophones"? Allez, je vous donne indice: ils étaient au Conseil Communal jusqu'en 2000 et en avait été heureusement virés à l'issue des dernières élections. Plus facile: ils développent un discours de haine, raciste et xénophobe? Mais oui, ce sont bien les fachos du Front National. Quant aux "listes néerlandophones", il faut se souvenir que le SP-a fait liste commune avec le PS sur la "Liste du Bourgmestre". On peut donc se soucier de savoir ce qu'il reste dans l'échantillon de blokkers ixellois.
En montrant un front uni à gauche, ce n'est pas seulement à la droite classique qu'il s'agit de barrer la route. Il s'agit aussi de regagner la confiance des classes populaires que le PS et la gauche ont vocation à défendre. De montrer que le changement vient de l'union des forces de progrès et pas des réactionnaires démagos de la droite extrême, quelle que soit la langue dans laquelle ils parlent.

29 août 2006

...à l'autre.


Je m'empresse de poursuivre sur l'université d'été de La Rochelle, de peur de me faire lyncher par la frange la plus impatiente de mon lectorat lors de notre prochaine rencontre - qui ne saurait tarder, d'ailleurs!

Donc, de vendredi soir à samedi fin d'après-midi, défilé de mode à l'université d'été du MJS France, qui avait invité l'ensemble des candidats "présidentiables" à échanger avec les militants du mouvement. Fabius, DSK, Lang, Aubry, j'en passe, des meilleurs, des moins bons et des plus murs, ils étaient tous là pour venir esayer de convaincre la jeunesse militante française. Convaincre pour l'un, que "oui, oui, mon revirement à gauche est sincère". Pour l'autre que "bien entendu, je ne suis pas de droite". Bref, sans aller jusqu'à parler d'une "course au centre", à tout le moins un exercice dans laquelle peu se sont montrés vraiment convaincants.

Mon sentiment à l'issue de ces débats? C'est que le PS français a effectivement besoin de se ranger derrière non pas un candidat mais une candidate. Oh! pas celle à laquelle vous pensez. D'ailleurs Ségolène Royal n'était pas du nombre des orateurs. Madame - dans ce cas-ci, je ne pense pas que le terme camarade soit des plus appropriés - aurait accepté de venir parler mais pas de débattre avec les militants. Bravo. Difficile de prêter foi à l'analyse du Soir comme quoi ce serait partie d'une stratégie de conquête de la candidature hors du parti. A moins qu'elle n'ait vraiment aucune notion du travail fourni par le MJS en période de campagne - et de ce que la présence ou l'absence de ce travail peut faire comme différence dans les urnes - ce me parait vraiment faire preuve de peu de sens politique.

Non, la personne à laquelle je pense est... Martine AUBRY! Au cours de son intervention, elle a su défendre le bilan socialiste lors de leur dernier passage au pouvoir, parler d'un projet de société, d'un projet ancré à gauche (bon, ce n'est pas encore Besancenot non plus, d'accord...) et de la nécessité de rassembler. Au départ, je me demandais si j'étais séduit par la posture ou par le contenu: on sent qu'elle a fait une partie desa carrière dans le Nord. Une fédération dont la culture militante est très proche de celle des socialistes belges. Mais après avoir revu des passages, pas de doute: c'est vraiment la personnalité la plus forte et la plus convaincante a être passée sur le plateau. Les militants ne s'y sont pas trompés. Elle sera la seule à recevoir une standing ovation de plusieurs minutes à la fin de sa prestation.

Et Jospin? Yoyo remontait sur les planches pour la première fois ce week-end. Pour donner une conférence sur "la gauche et le pouvoir". S'il lui a fallu 5 ans pour pondre ça, c'est à tomber par terre. Je soupçonne ce type de n'avoir toujours rien compris. Et je crois qu'il serait tout à fait capable de nous ressortir sa littérature sur le thème "mon programme n'est pas socialiste", si on ne le surveille pas. J'avoue que je suis sorti prendre l'air, furieux et découragé, après 5 minutes de son monologue, avant de revenir l'écouter à la porte - on ne savait jamais...
En attendant, pas de sortie du bois de sa part. C'est génant. Pas que j'espérais quoi que ce soit dans un sens ou dans l'autre. Mais il est évident que sa retenue sur le sujet empêche ses proches de se fédérer autour d'un(e) autre candidat(e). Ou de se déclarer eux-même. Sans tomber dans un "tout sauf Ségo" qui ne serait pas plus constructif...

Pour vous faire une idée, je vous invite à aller jeter un oeil sur les extraits de leur intervention sur le blog de Rémi

Reste finalement François Hollande. Très sceptique au départ quant à l'amélioration de ses capacités de chef rassembleur, je concède à mes camarades que son charisme a effectivement fait un bon qualitatif. On est passé du flan au caramel au marshmallow. On est encore loin du saint honoré ou de la coupe-neuf-boules-melon de chez Zizi, le glacier de l'avenue Vanderkindere.
Sur le fond... pas de quoi casser trois pattes à un canard. Quelques propositions intéressantes, un
appel au calme qui n'a pas dû convaincre grand monde. J'espérais mieux.

Ne courrez pas vous jeter dans le canal après la lecture de ce post! OK, j'ai du mal à considérer que le constat est enthousiasmant. Mais pour autant, le travail de fond, lui, est toujours là, et les Jeunes Socialistes ne sont pas les derniers à le porter. Un nombre important de leurs propositions ont été reprises dans le projet. Et, que ce soit sur l'Europe (merci encore de m'avoir fait un espace dans un pannel, soit dit en passant) ou sur la situation au Liban, c'est un excellent boulot qui a été fourni. Et en définitive, au dela du coté démago ou convenu de la formule, le candidat ne devra être rien d'autre que l'incarnation du projet socialiste, pas un autocrate d'ancien régime!!!

28 août 2006

D'une université ...

Chose promise, chose due: quelques réflexions sur l'Université d'été du PS belge qui se tenait à Dinant, jeudi passé, puis mes impressions sur celle de nos camarades du MJS France (et de leurs ainés), ce week end à La Rochelle.
Donc, le 24 août, direction Dinant. Première réflexion: félicitations à nos camarades de la fédération de Dinant-Philippeville pour l'organisation. Une belle réussite de leur part, si on considère la difficulté pour une ville avec un plan de circulation comme celui de Dinant d'absorber le flux de circulation que représente le nombre important de militants qui ont participé à l'évènement. Cependant, je me permets de mettre en doute le bien-fondé de la décision d'organiser ce rassemblement en semaine et, de surcroît, dans une fédération qui ne se trouve pas en situation de mobiliser massivement pour l'occasion. Après tout, il me semble que l'intérêt premier d'une université d'été est de créer un espace de formation et de rencontres pour les militants du parti. Pour les apparatchiks, les occasions de se croiser ne manquent pas et il ne me parait pas invraisemblable de demander de la souplesse à des gens dont on est certain que l'employeur sera compréhensif sur la récupération des heures (à savoir le parti). Quant à l'impact médiatique, il n'est pas moins grand le week-end, il me semble.
Bref. Le thème central de la dizaine d'ateliers mis en place était "ma commune au féminin" et se déclinait autour des titres: "l'égalité oui, mais comment?", "boulot et vie privée", "quartiers et sécurité", "éducation", "sécurité d'existence sans différence", "où sont nos business women?", "stop à la violence", "préjugés sexistes... à la gare!", "d'ici et d'ailleurs" et enfin "Maman Solo... et alors?".
Pour ma part c'est au séminaire portant sur l'égalité sur les lieux de travail que j'ai assisté le matin. Je vous renvoie à la synthèse rédigée par les collaborateurs de l'IEV pour la substantifique moelle des débats. Si la participation aux ateliers était importante et équilibrée du point de vue du genre, je regretterai que par moment la question féministe disparaisse totalement des discussions.
L'après-midi, participation au "11ème atelier", hors programme et convoqué par sms (!), intitulé "quand les jeunes s'engagent". La RTBF appréciera l'influence de ses émissions sur la capacité créative de certains. ;)
Un atelier qui m'a tout de même fait un drôle d'effet, en réalité. Et pas seulement par son aspect clandestin. A la tribune, Grégor Chapelle - dont la présidence de la FEF remonte à la fin des années 90, si je ne me trompe pas - Frédéric Delcors, président de l'IEV et Brice Many, du Conseil de la Jeunesse Catholique. Tout un programme. A l'issue des interventions, qui portaient essentiellement sur les modes d'ouvertures du PS aux jeunes militants dans des structures plus souples que le parti, les membres du MJS présent s'en sont donné à coeur joie: "Grégor, ton livre est vraiment bien fichu mais, finalement, on n'y trouve rien qu'on ne trouvait chez Habermas... ou Tony Blair." "S'ouvrir à la société civile? mais le MJS est présent dans les Fora Sociaux depuis longtemps: et le parti, où est-il lors des réunions du FSBelge?" "Créer une structure européenne de jeunes socialistes pour mener des combats socialistes communs au niveau international? L'idée est à creuser, on en reparlera au prochain Bureau d'ECOSY", "bien sur, les alliances objectives sont importantes mais, en attendant, c'est bien au MJS que j'ai reçu l'essentiel de ma formation, dans un parcours militant qui n'avait rien de rigide ou de sclérosé" etc. etc.
Ambiance!
A l'issue de cette réunion, retour à Bruxelles et, sitôt arrivé, en route pour La Rochelle avec Estelle (MJS France), Maurice (student coordinator IUSY) et Ania (SG d'Ecosy).
Ce qui fait que je n'ai pas pu suivre le discours d'Elio. Vous le trouverez ici.

23 août 2006

Au programme...

Au programme de demain et des jours qui viennent, pour ma part:

Jeudi: université d'été du PS à Dinant. Des accents féministes et communaux pour cette rencontre annuelle, à laquelle le MJS sera très présent.

Et de vendredi à dimanche: université d'été du MJS France (désolé pas de programme en ligne, ou alors je ne l'ai pas trouvé) à La Rochelle.

Mes commentaires sur ces deux évènements dès que possible, au plus tard lundi!
bon week end à tous.

21 août 2006

Musique!

Quand j'étais gose et que j'avais des cheveux, il y avait vraiment un truc qui me les faisait dresser sur la tête: c'était le Dr Teeth and his Electric Mayhem Band. Le band du muppet show. un groupe de hard rock qui aimait rappeler de temps qu'il savait jouer autre chose, ce qui amenait par exemple cette version à tomber par terre de Tenderly (extrait).
Et bien, hier soir, sur la place de la Monnaie, leurs dignes successeurs: PuppetMastaz. Du hip-hop par une bande de marionettes venus en droite ligne de Berlin. Ca vaut la peine d'être vu.
Un concert qui prenait place dans le cadre du festival eurythmix: une dizaine de jours pour se bourrer les yeux et les oreilles de concerts pour tous les goûts et tous les âges. Pour ma part, cette année, outre les déjà citées marionettes: Gabriel Yacoub, ci-devant chanteur du groupe Malicorne; les Crétonerre, ou la surprenante rencontre entre les chants de marins et la Gaume (!). Par contre, pas eu le temps d'aller revoir Mes souliers sont rouges - encore du folk, les rois de la turlutte en provenance de Normandie, cette fois.
Prochaine étape musicale: le parcours chantons français, fin septembre. A ne pas manquer!

18 août 2006

Changeons de cadre I: le Logement


A moins d'être l'heureux propriétaire d'un modeste appartement de 300m² dans ce qu'on appelle "le clos des millionaires", vous aurez sans doute remarqué que se loger dans la Région de Bruxelles-Capitale, ça coûte un os. Je vous rassure tout de suite (hum), ce n'est pas qu'une impression due à la chaleur moite de cette fin d'été ou aux émanations hallucinogènes de la mérule qui ronge votre charpente.

Amis des statistiques, bonjour !

En quelques chiffres, tirés des publications annuelles de l'observatoire de l'habitat, le loyer mensuel moyen allait en 2004 de 336 euros pour un studio à 1149 euros pour les logements de 5 chambres et plus. Quand on sait que le revenu net moyen s'élève lui à 1000 euros par mois, on comprend que le droit à un logement décent à un prix abordable, pourtant garanti par la constitution, c'est pas gagné d'avance. Si on considère abordable le logement qui ne pèse pas pour plus d'un quart dans votre budget mensuel, il faut atteindre le septième décile de revenu pour avoir accès à 50% du parc de logements bruxellois.

Traduction: soit vous gagnez au moins 21.000euros net par an, soit vous ramez pour trouver un logement qui ne plombe pas les autres postes de votre budget.

A Ixelles, la situation n'est pas plus brillante. 64% des ménages ixellois louent leur logement, bien plus que la moyenne régionale, qui se situe à 57% de locataires. Et parmi ces locataires, 60% sont considérés comme « à bas revenus », c’est à dire gagnant moins de 1000€ par mois. En comparaison, les communes voisines d’Etterbeek, Watermael et Uccle comptent respectivement 56, 30 et 34% de locataires dans cette catégorie de revenus.
Et du coté de l’offre, le loyer ixellois moyen est de 502 euros. Le loyer médian est quant à lui situé à 450 euros.

Dans la vraie vie et dans un français à peu près correct, cela revient à dire qu’une part importante de la population la plus fragilisée d’Ixelles n’a tout simplement pas accès à un logement décent à un prix abordable. Et encore, je laisse de coté ici l’état des quelques 30. 000 logements qui constituent le parc total. C’est la dèche.
Et malgré les gros efforts, notamment en matière de rénovation, le Foyer Ixellois reste parmi les lanternes rouges du logement social bruxellois avec seulement 4% du parc immobilier consacré à cette fonction.


Voilà pour le cadre. S’il ne change pas, on peut dire adieu à plus ou moins court terme à la mixité sociale dont Ixelles peut encore se targuer. Enfin, globalement, on pourra toujours dire que c’est une commune socialement mixte. Mais avec une polarisation très forte au sein de ses différents quartiers et un fossé toujours plus large entre « have » et « have not ».

Pour changer le cadre, quelles solutions ?

En gros deux options sont ouvertes : agir sur l’offre de logement ou sur la demande. Selon moi, agir uniquement par le biais d’une aide directe aux locataires, c’est refuser de résoudre les causes du problème. Prenons-le à bras le corps et agissons sur l’offre. Comment ? je propose quatre axes de travail :

Augmenter l’offre publique de logements à prix encadrés. En mobilisant les réserves foncières communales dans le cadre du Plan Régional pour le Logement. Mais également en créant une Agence Immobilière Sociale communale. Enfin, en utilisant les outils existants qui permettent de prendre aux pouvoirs publics de se substituer aux propriétaires défaillants. Je pense en particulier au droit de gestion publique, qui autorise les communes à rénover et à gérer pendant neuf ans des logements déclarés non-conformes par le Service d’Inspection Régionale.

Encourager la reconversion de bureaux en logements dans les quartiers où le déséquilibre entre ces deux fonctions est flagrant.

Mettre en place un Guichet Unique du Logement. Un lieu qui permette d’établir le dialogue avec le propriétaire de bonne foi mais confronté à des difficultés financières qui l’empêchent d’assumer ses responsabilité. Un lieu vers lequel chaque Ixellois pourra se tourner pour trouver de l’aide, que ce soit dans la recherche d’un logement ou dans ses relations avec l’administration pour l’obtention d’aides et/ou de primes, pour un conseil juridique dans la relation propriétaire/locataire… Un lieu qui devrait naturellement être ouvert à et travailler en étroite collaboration avec le tissu associatif actif sur ces terrains.

Créer un observatoire communal du logement. C’est un outil indispensable pour mener une politique du logement efficace : aujourd’hui, aucune commune bruxelloise – sauf peut-être Etterbeek – ne dispose d’une connaissance fine du logement sur son territoire. Difficile de réagir contre les logements vides ou à l’abandon si on ne sait pas où ils se trouvent ! C’est vrai également pour le suivi des permis d’urbanisme, la lutte contre les divisions sauvages des grands logements ou pour l’exercice d’achats d’opportunité par une régie foncière, à créer elle aussi, etc., etc.

11 août 2006

Le pouvoir d'achat recule.


Suite à la publication des chiffres sur l'érosion du pouvoir d'achat en Belgique, la Fédération Bruxelloise des Jeunes Socialistes a pris la position suivante. Bonne lecture.
Régression, piège à c… !

La Fédération Bruxelloise des Jeunes Socialistes (FBJS) a pris connaissance de l’article publié sur la baisse du pouvoir d’achat des belges ce mercredi dans le journal « De Morgen »
Erwin Van der Sande économiste de KBC, y confirme l’analyse réalisée[1][2] il y a quelques mois par le Crioc sur la détérioration du pouvoir d’achat des belges. Il faut noter que, d’après Van der Sande, les consommateurs de la plupart des pays voisins sont dans la même situation. À la notable exception des bénéficiaires de revenus financiers, les citoyens de notre pays sont pénalisés notamment par des années de modération salariale et d’inadéquation de l’indice des prix à la consommation.

En tant qu’organisation progressiste, la FBJS ne peut que s’indigner devant ce qui apparaît clairement comme une régression sociale pour les travailleurs, qu’ils tirent leur revenu d’un salaire ou d’allocations sociales. La sacro-sainte recherche de la compétitivité économique ne peut nullement justifier le maintien de la rigueur salariale actuelle qui s’avère être de plus accablante pour les salariés. Il est à espérer que dans quelques mois, lors des futures négociations interprofessionnelles, les organisations syndicales se donneront les moyens d’établir un rapport de force suffisant pour faire accepter aux employeurs la nécessité d’une hausse du pouvoir d’achat. La création d’une plate-forme de revendications commune à l’ensemble des représentants des travailleurs nous paraît être un premier pas dans la création de cette dynamique.

Par ailleurs, il convient d’être attentif au fait que la conclusion prochaine, entre partenaires, sociaux, d’un « pacte pour la compétitivité », appelé de ses vœux par le Premier ministre Guy Verhofstatd, ne soit pas le prétexte de l’instauration d’un nouveau « garrot » salarial. Ces dernières années, les travailleurs on déjà fait beaucoup (Contrôle renforcés des chômeurs, limitation du droit à la prépension,…) de concessions aux « realpolitikers », et sont en droit d’attendre des forces de gauche un renforcement de la défense de leurs intérêts légitimes. La FBJS encourage les ministres socialistes présents au gouvernement à être vigilants face à une nouvelle offensive de la droite contre les acquis sociaux, et ce tant au niveau belge que dans le cadre plus large de la création d’une réelle politique sociale européenne. Il est en effet impensable que des gouvernements à participations socialistes continue d’encourager la logique de compétition entre les travailleurs au sein de l’Union, favorisant de la sorte l’érosion des droits sociaux acquis au terme d’années de luttes ouvrières.

De manière plus large, la FBJS se prononce résolument pour une réappropriation du débat sur les matières économiques par les socialistes. Cet espace a trop souvent été monopolisé par les néo-libéraux assumés comme tels ou non. Ainsi, certaines options politiques comme la réduction du temps de travail doivent être remises au goût du jour et leur éventuelle implémentation dans le contexte belge doit être étudiée sérieusement. Le passage à la semaine de 35 heures sans réduction de salaire est une étape qui peut être franchie, comme l’a montré l’expérience française. Les différentes formes de travail à temps partiel, génératrices d’emploi, ne peuvent continuer d’être porteuses de discriminations pour les travailleurs qui souhaitent en bénéficier.
A quelques mois d’élections fédérales qui seront pour les citoyens l’occasion de marquer leur préférence pour tel ou tel projet politique, les socialistes ont la responsabilité de se donner les moyens pour que leur action gouvernementale soit davantage porteuse de transformation sociale. La FBJS entend être partie prenante des débats sur la construction d’alternatives de gauche aux politiques économiques actuelles.Pour conclure, la FBJS considère qu’il est urgent d’ouvrir un réel débat sur la détérioration du pouvoir d’achat des travailleurs et sur les mesures à prendre à court et moyen terme pour régler cette question primordiale. Il en va tant de la relance de la consommation et donc de la croissance que de la qualité de vie des salariés.

Pendant les opérations, les délires verbaux continuent!


On est passé hier à côté d'un nouveau désastre. On ne peut que se féliciter de l'intervention policière qui a permis d'éviter un 11 septembre bis sur les liaisons entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Par contre, ce à quoi on n'a pas échappé, c'est à un nouveau délire du président Bush. Il faut croire que la seule figure du terroriste ne suffit plus à asseoir la légitimité de son action. Désormais, le contribuable est prié de s'endormir en regardant sous son lit s'il n'y trouve pas un fasciste islamiste.
Je ne suis pas le dernier à traiter certains de mes adversaires de fachos. Mais franchement, là, si je m'écoutais, je dirais bien que c'est l'hopital qui se fout de la charité. En attendant, ce me parait encore être un splendide exemple de la dérive orwellienne dans l'usage du langage. J'ai déjà abordé le sujet ici. Pour remettre un peu les pendules à l'heure, je vous suggère d'aller lire la définition du fascisme donnée par wikipédia.
Et vous pourrez toujours me dire ce que vous pensez de ces deux passages en particulier:
"Le modèle italien s'étant exporté dans toute l'Europe, le terme s'est ensuite étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur un pouvoir fort, prônant un État policier extrêmement sécuritaire, les métiers organisés en corporations, la défiance envers les étrangers, l'exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire."
"Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser."
Le choix de la référence à la lutte anti-fasciste n'est évidemment pas innocent dans le chef de W. Ca vous pose tout de suite en défenseur du monde libre et comme façon de couper l'herbe sous le pied des démocrates, rien à dire: ça le fait. A coté de ça - ça tombe bien - déjà pendant la seconde guerre mondiale, les USA et la Grande-Bretagne formaient une alliance en béton armé contre le reste du monde. Oui, c'est vrai, le front de l'est c'était pas mal non plus mais c'est un détail pour l'oncle Sam. On aurait tort de se priver de grandes images mobilisatrices, quand même, non?
Ca n'en reste pas moins inquiétant. Pour mémoire, le 18 juillet dernier, le quotidien de droite espagnol "El Mundo" publiait un sondage considérant que le coup d'état nationaliste du général Franco était "justifié" vu les circonstances. Quasiment à la même date, les sociaux démocrates slovaques mettaient en place un gouvernement rouge-brun. Les dernières élections locales en Grande-Bretagne ont été l'occasion d'une percée du British National Party. En France, Le Pen s'invite au second tour des présidentielles en 2002. On ne parle même plus du Vlaams Belang en Flandres. Et, au rythme où ça va, il faudra bientôt parler de Charleroi comme d'Anvers.
Le fascisme, le vrai, il est là, il nous pend au nez. Il serait peut-être temps de se rendre compte que ce n'est pas avec des mesures d'exception - n'est-ce pas M. Reid? - et des interventions militaires aux quatres coins du monde qu'on en viendra à bout.
Cette bataille là, c'est sur le terrain social et à domicile que tous les progressistes du monde se doivent de la mener. Et de la gagner.

10 août 2006

Coming out campagnard.


Le 8 octobre prochain, la Belgique (citoyens belges, ressortissants de l'Union Européenne et, pour la première fois, ressortissants "extra-communataires") se rend aux urnes pour élire ses conseillers communaux.

Le fait que dans un grand moment d'auto-promotion, j'illustre ce post avec ma vilaine trombine vend la mèche, mais je le précise tout de même: ce sera pour moi la première expérience en tant que candidat. En effet, je défendrai un projet socialiste pour Ixelles sur la Liste du Bourgmestre. A la 26ème place, pour être exact.

Je ne vais pas vous faire de grand laïus sur "je me présente parce que Ixelles c'est la plus belle commune du monde et c'est fou comme je l'aime et patati et patata...". Ce n'est le genre de la maison qu'au second degré. Non, si je suis candidat, c'est parce que je pense au contraire qu'il y a énormément à faire dans une commune comme Ixelles. 150 ans et des poussières de gestion par la droite, ça laisse forcément des traces. Et si la majorité sortante a initié le changement, je ne pense pas que ce soit le moment de changer d'attelage, pour laisser le MR venir défaire ce qui a été fait.

Donc, je mets les mains dans le cambouis! Dans les jours et les semaines qui viennent, j'essaierai d'alimenter ce blog avec les propositions que je compte défendre dans le cadre de cette campagne et de la prochaine législature, élu ou pas. Notamment en matière de logement, d'emploi, d'enseignement...

Dans le même temps, j'essaierai de garder une réflexion qui dépasse le cadre communal: lecteurs hors d'Ixelles, n'allez pas effacer cette adresse de vos favoris !!! Quoi, elle n'est pas dans vos favoris? c'est du propre!

09 août 2006

Un petit test en passant.

En visitant le blog d'Eric Sundström - ancien président des étudiants socialistes de Suède, ancien membre du bureau d'Ecosy et un excellent camarade - je suis tombé sur ce petit test "quel personnage de west wing êtes-vous?"
Je sais, c'est idiot et ça n'interesse personne mais ça m'amuse quand même. Donc, pour la plus grande édification des lecteurs de ce blog, voila mes résultats:





Ahh, the ever-cynical and sarcastic speechwriter. Gutsy and not afraid to speak up or clash with authority, his dry wit is amusing. But under it all he's just a big teddy bear... and the world's biggest Yankees fan.


:: Which West Wing character are you? ::

08 août 2006

Marcinelle, il y a 50 ans...



Ce 8 août, voila tout juste 50 ans que la catastrophe minière du bois du cazier à Marcinelle coutaît la vie à 262 mineurs. 262 travailleurs victimes de la priorité donnée à la rentabilité sur la sécurité dans le cadre de la bataille du charbon. 262 personnes parmi lesquels des belges bien sûr, une grande majorité d'italiens mais aussi des polonais, des français d'origine algérienne, des grecs, un anglais, bref, des ouvriers venus des quatres coins du monde.
Il aura fallu le décès de cette cohorte et le spectacle de la souffrance d'autant de familles pour que la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier (CECA) prenne des mesures de protection des travailleurs... et les fasse appliquer. Il aura aussi fallu cette hécatombe pour que l'attitude de la population belge change à l'égard des travailleurs étrangers venus - pour ne pas dire "déportés" comme le ferait Anne Morelli - à l'appel du gouvernement belge pour redresser un outil industriel durement éprouvé par les années de guerre.
Au moment de se souvenir des victimes du 8 aout 1956, j'espère qu'il y aura du monde pour rappeler qu'aujourd'hui encore, en Belgique ou ailleurs, un nombre invraisemblable de gens n'ont pas droit à un travail décent. Et que, comme alors, un grand nombre d'entre eux sont des personnes dont la situation de précarité est encore agravée par leur statut d'immigré, légal ou clandestin.
Espérons (et agissons) qu'il ne faudra pas un nouveau "Bois du Cazier" pour que l'Europe, à son tour, prenne les mesures nécessaires pour assurer un travail décent et une vie décente à tous les travailleurs sur son territoire... et les fasse appliquer!

07 août 2006

Faucons Rouges: Global Village dans le Kent


Vous connaissez les Faucons Rouges? Pour caricaturer, c'est une forme de scoutisme socialiste. Un mouvement de jeunesse avec un fond politique qui ne se résume pas aux bons sentiments chrétiens des Scouts. Fondé en 1928, restent très présent en Communauté Française, où ils offrent un cadre ludique pour une éducation socialiste. Leur but est d'aider au développement de citoyens critiques et responsables, ouverts sur le monde et sur la diversité culturelle.
Au niveau international, les Faucons Rouges sont membres de l'International Falcon Movement - Socialist Education International. C'est dans ce cadre que les Faucons Rouges de Ath se sont rendus au Global Village, à Detling dans le Kent. Splendide "Jamboree" accueilli par les Woodcraft britanniques, réunissant pas loin de 5000 Faucons du monde entier. Le camp, qui continue encore une bonne semaine, est placé sous le signe de la solidarité internationale ("span the world with friendship" est la devise du mouvement), de la paix et du mouvement coopératif.
Si la situation au Liban alimente le gros des discussions, Ecosy et la IUSY étaient présents pour faire la promotion de la campagne "rights@work" lancée lors du Festival Mondial il y a 15 jours. J'y suis intervenu ce week end sur un des thèmes développés, à savoir le travail des enfants. L'occasion de rencontres sympathiques avec des jeunes et leurs parents dans un cadre détendu et informel.
En région bruxelloise, les Faucons Rouges sont présents à Anderlecht, Jette, Evere, Ganshoren et Molenbeek. Pour en savoir plus sur les Faucons Rouges, leurs actions et comment les contacter, c'est par ici. Et pourquoi pas une section à Ixelles demain?

04 août 2006

Communiqué du MJS sur la situation au Liban


Voici le dernier communiqué de presse du MJS sur les opérations israeliennes au Liban et sur la réaction du gouvernement belge.

La Paix Sans Conditions!

Le MJS tient à faire part de son indignation absolue face à l’actuelle offensive israélienne au Liban. Nous ne remettons pas en cause le droit d’Israël à se défendre et à défendre ses citoyens contre les incessantes agressions menées par le Hezbollah à la frontière libanaise. La violence aveugle de celles-ci a coûté la vie à des dizaines de civils innocents. Cependant nous estimons que le droit à se défendre repose sur le droit international et ne peut s’exercer que dans les limites fixées par celui-ci. Toute action armée doit être proportionnelle aux faits auxquels elle répond. Or rien ne peut justifier l’ampleur de l’opération militaire, ni surtout les crimes de guerre qui l’accompagnent et qui ont déjà causé plus de 900 morts.

Le MJS dénonce également la participation du parti travailliste israélien à un gouvernement qui a décidé de faire usage de la force vis-à-vis d’un état souverain et de ses populations civiles de manière aussi disproportionnée. Il est à espérer que les tensions actuelles au Liban ne rendent pas définitivement impossible la conclusion d’une paix juste et durable au proche-orient.

Le MJS demande au gouvernement belge et au Parti Socialiste de mettre la pression au niveau des instances internationales pour exiger un cessez-le feu immédiat et sans conditions sur la frontière entre Israël et le Liban.
Si tel n’est pas le cas, il est essentiel d’étudier les possibilités de sanctions notamment économiques contre les belligérants afin d’imposer la fin des hostilités.

Par ailleurs, le MJS considère que le déploiement d’une force d’interposition dans la zone démilitarisée à la frontière israelo-libanaise ne peut être envisagé sans mandat clair des Nations Unies. Ce mandat ne peut se limiter à une seule « opération de police ». Non seulement celui-ci devra permettre de garantir la sécurité de l’ensemble des populations civiles mais encore doit-il s’intégrer dans la recherche d’une solution globale pour le conflit au moyen-orient, prenant notamment en compte la question palestinienne. Un cessez-le-feu immédiat doit être la condition préalable à toute intervention, sous peine de devoir assister à un nouvel enlisement « à l’irakienne ». Il est évident qu’à ce stade, aucune de ces conditions ne sont réunies et il serait de bon ton de voir le ministre des affaires étrangères De Gucht faire preuve de plus de prudence avant de faire des « offres de service », suivi en cela par le ministre de la défense Flahaut. A tout le moins, il est regrettable qu’une fois de plus, les réactions nationales ont pris le pas sur une réaction coordonnée au niveau de l’Union Européenne

Enfin, le MJS réaffirme son soutien à l’action des progressistes qui tant en Israël qu’au Liban se battent pour l’avènement d’une paix juste et durable.

Pour conclure, le MJS appelle à la manifestation ce dimanche 6 août à 14 heures pour demander la cessation des hostilités et exprimer la solidarité envers les populations civiles cruellement éprouvées par ce conflit.
-----------------------------------------------------------------------------------
La manif partira de la gare du Nord

02 août 2006

Le retour d'Adam G.


On nous l'a annoncé à grand renfort médiatique: Adam G. , l'assassin de Joe Van Holsbeek, est arrivé aujourd'hui en Belgique pour répondre de son acte devant un juge pour mineur. Cela grâce à l'intense activité de ma camarade ministre de la Justice et Vice-Première.

"Et alors?" m'interrogera le quidam, "voila une bonne nouvelle, non?".
Je ne dis pas le contraire. Mais tout de même deux choses.

1. Est-ce qu'il n'y a pas comme un petit problème de cohérence du côté du ministère de la Justice? Voila deux mois - et dans une discrétion à faire pâlir d'envie l'homme invisible - les mêmes annoncent qu'ils ont trouvé un truc infaillible pour vider nos prisons surpeuplées. En fait, c'est simple comme bonjour: il n'y a qu'à envoyer les condamnés étrangers (ou d'origine étrangère?) casser des cailloux dans leur pays d'origine. Bon sang mais c'est bien sûr!

Et qu'importe si ça a comme un arrière-goût de double peine! Comment? Le PS s'est battu il n'y a pas si longtemps pour abolir cette mesure inique revenant à punir un individu deux fois pour la même faute? Silence, mauvais plaisant! Vous voulez nous fâcher avec le syndicat des matons, qui trouve l'idée intéressante? Vous ne savez donc pas qu'au Royaume-Uni, des ministres doivent démissionner pour avoir omis de bannir du pays des prisonniers à l'issue de leur peine?

2. Toute cette activité diplomatique pour obtenir l'extradition d'un ressortissant polonais hors de pologne, c'est bien beau. Mais on peut peut-être rappeler en passant que la Belgique n'extrade pour ainsi dire jamais ses nationaux. Dans le contexte de la création d'un espace juridique européen, quel est le sens de cette extradition? Encore une humiliation à ajouter à la liste déjà longue des camouflets aux nouveaux pays membres de l'Union? "Vos prisons - et plus tard vos rues - sont bien assez bonnes pour nos délinquants mais je doute que vos magistrats soient compétents pour les juger"?

Plus simplement, il me semble que la démarche en dit long sur l'attitude générale à l'égard de la Justice (avec un grand J). Finalement, l'essentiel ici est que le procès ait lieu en Belgique. Ce qui est sauvegardé dans cette démarche, c'est l'aspect rituel , quasi anthropologique du processus judiciaire.
Je m'explique: la société toute entière a été touchée, à raison d'ailleurs, par la mort d'un jeune homme, en plein jour, en pleine gare centrale. Ce décès a créé un malaise d'autant plus grand que, en définitive, l'indifférence de la foule a tué Joe presque aussi sûrement que les coups de couteau. Pour combler ce malaise, pour revenir à une forme de normalité, les rites judiciaires doivent être posés, le coupable (en tout cas un coupable) doit être puni. C'est vieux comme toute forme de société humaine.

Mais ce qui fait l'honneur d'un système judiciaire développé, c'est la capacité à dépasser cet aspect rituel. C'est la volonté ferme de garantir la réinsertion dans le tissu social du condamné à l'issue de sa peine. En faisant extrader vers la Belgique Adam G., tout en laissant entendre qu'il aura à purger sa peine en dehors du pays, Laurette Onkelinx signale tout simplement que l'Etat est habilité à condamner mais qu'il refuse de prendre ses responsabilités au delà de ce qui est nécessaire à apaiser l'angoisse des citoyens.

25 juillet 2006

IUSY III : ils en parlent aussi...

Pour d'autres points de vue sur le Festival:

Le blog de rémi - ( liens vers d'autres retours du MJS France)
Le site des Sinistra Giovanile de Lucana (?)

Ce post sera mis à jour au fur et à mesure que d'autres post seront relevés...

Festival IUSY II: un rapide compte-rendu.

Et voila, cette semaine au festival de la IUSY est passée comme une flèche, comme on pouvait s'y attendre. Vu le manque de temps sur place, je n'ai pas eu l'occasion de vous donner de compte rendu au jour le jour. Par contre, voici quelques réflexions au retour!
mardi 18 juillet.
La délégation du MJS quitte le pays en avion en début d'après midi pour arriver à Alicante vers 22h - retards compris. A l'arrivée, c'est par hasard que nous tombons sur notre camarade Yonnec Polet qui vient lui aussi participer au Festival, pour son employeur, le PSE. On chambre gentillement le social-traitre qui part loger à l'hotel, tandis que nous essayons de trouver la navette qui doit nous conduire au camping des délégations. On croise d'autres camarades étrangers - joyeuses retrouvailles.
Après plusieurs coups de fil nous promettant son arrivée prochaine, on finit par obtenir l'information que la navette s'arrêtait à 20h. Renonçant définitivement à participer à la cérémonie d'ouverture, on s'embarque dans les taxis jusqu'à l'univeristé d'Alicante, lieu d'accueil du festival.
Impression de grande désorganisation: nombreuses déleg' en attente de se voir attribuer leurs tentes, le nombre de ces dernières ayant été sous-estimé, renvoi de notre groupe dans une partie du camp où les tentes ne sont pas numérotées. Les sacs distribués aux participants ne contiennent aucune des informations attendues (programme, plans, ... sont tous sur une table, en self service, impossible d'être certain de ne pas en manquer la moitié). En route vers la zone qui nous est attribuée, je croise le secrétaire général des SJÖ: il lui manque des tentes. Des incidents sont survenus entre les allemands et les italiens...
Finalement installés et bien installés, fiesta! Premier choix cornélien: Discoteca mobile ou Club Social 1? j'opte pour la deuxième solution et retrouve avec plaisir de nombreux camarades. Et puis dodo (vers 3h30), la journée de demain s'annonce longue, avec une réunion des chefs de délég à 8h !
mercredi 19 juillet
Sans surprise, j'arrive en retard à la première réunion - ça commence bien. Le programme de la journée est un peu chamboulé par l'arrivée de Zapatero sur le campus: conférence à 11h30, tous les workshops sont avancés d'une heure pour permettre le transfert des participants vers la salle des pléniaires. Pas de chance: celle-ci ne permet pas d'accueillir l'ensemble des participants et chaque délégation ne peut présenter que 25% de son effectif.
Gros succès de la conférence: Zapatero chez les JS espagnols, c'est Johnny au Parc des Princes. Si, sur les dossiers économiques, sa popularité me parait incompréhensible, il faut bien reconaitre que, sur le front "éthique", son bilan n'est pas mal et ses positions courageuses. Pour ne citer que le dernier exemple en date, son refus de participer à une messe organisée par le nonce apostolique en visite en Espagne fait montre de courage politique dans ce pays très catholique. Faut-il rappeler la légalisation du marriage gay?
D'une manière générale, ça pousse tout de même à la réflexion: comment se fait-il que les socialistes modernes ne paraissent plus efficaces que sur ces questions de société, laissant le champ de l'économique aux forces du marché, ou pire, les accompagnant?
En début d'après-midi, rencontre avec Philippe Cordery (secrétaire général du PSE), Zita Gurmai (présidente des Femmes PSE) et le grand leader éclairé d'Ecosy, Giacomo Filibeck, sous la présidence d'Ania Skrzypek, SG d'Ecosy.
La discussion est intéressante, au cours de laquelle sont abordés des thèmes comme les activistes du PSE, la situation en Slovaquie, la situation des femmes en politique, la campagne présidentielle en France ou la re-dynamisation du processus européen.
Arrivée en soirée de Carlos Crespo et plus tard des camarades de Charleroi: Isabelle Minsier, Nicolas Bau (tous les deux de l'Exécutif National du MJS), Antoine Delcourt et Samuel Oru. Avec l'arrivée de Catherine Moureaux vendredi, la délégation sera au complet.
Jeudi 20 juillet
Participation du MJS à ses premiers ateliers. Succès de participation: le public est varié et relativement nombreux.
Les discussions au sein de mon atelier préfigure le débat du soir sur "réformisme et révolution". Carlos intervient brillamment en français dans le sien. Du coup, son intervention souffre d'une autre insuffisance organisationnelle de la IUSY, à savoir la question de l'interprétation dans une organisation connaissant pour langues officielles l'anglais, l'espagnol et le français. L'interprétation volontaire fournie par certains camarades est une bonne chose mais ne parvient pas à pallier à la carrence que représente l'absence de professionels ou de semi-professionels.
En soirée, gros succès de l'atelier "socialist school": manifestement, toutes les organisations, même les plus à droite, compte des camarades interessés par un socialisme plus radical d'une part et par une réflexion théorique sur le mouvement d'autre part. Cela encourage la délégation belge à renforcer cet aspect de la formation de nos militants lors du retour au pays.
Le soir tombe sur Alicante et la délégation se réunit au Club Social 1. L'espace manquant pour organiser un cantus rouge, comme prévu initialement, nous descendons du camp les spécialités brassicoles que nous avions apportées et c'est à nouveau l'occasion de fraterniser avec des camarades d'horizons très divers. Chants révolutionnaires... puis à minuit: fête nationale!
Vendredi 21 juillet
Aujourd'hui lancement de la campagne sur "rights@work" (ne cliquez pas, c'est une édition automatique de Blogspot, pas de lien). Il s'agit d'un des gros dossiers de ce festival. Maurice, le coordinateur étudiant issu du Benelux dans ce presidium a fourni un énorme travail sur la question, sans malheureusement etre vraiment récompensé: le lancement de la campagne a souffert d'une présence relativement faible comparativement à ce qui a pu se voir précédemment. La fatigue commence à se faire sentir pour tout le monde.
Rencontre avec l'ensemble des orgas francophones, au cours de laquelle la oplace du français dans la IUSY est abrodée. Si l'omniprésence de l'anglais relève pour nous parfois de l'inconfort, c'est, pour les organisations africaines, une véritable source d'exclusion! Ils nous rappellent que souvent, l'enseignement de l'anglais n'est délivré que par les écoles privées!
La fête de cette nuit est supposée être coorganisée par le Benelux et le réseau LGBT. Grosse déception des camarades arrivant à la discoteca mobile: pas plus de musique que de délire international. La sono ne fonctionne pas, faute d'électricité. Par contre, le bar, lui tourne toujours. De même que les concerts qui se tiennent près du Club Social 1. Comme par extraordinaire, lesdits concerts durent jusque facilement 3h du matin alors qu'ils s'arretent généralement autour d'une heure. Ajoutez à cela les nombreuses affiches arrachées et il devient difficile de ne pas se rappeler un triste constat: oui, même dans la famille socialiste, l'homophobie reste une réalité à combattre tous les jours. A la fin des concerts, la soirée commence finalement. Bonsoir!
Samedi 22 juillet
La journée commence par un solide accrochage avec le responsable de l'organisation lors de la réunion des chefs de délégation, autour de l'incident de la veille. Lui et moi élevons la voix, encore une fois le manque de flexibité de la part de nos hôtes exaspère tout le monde. Animo prépare une réaction que nous signons plus tard.
Séminaire particulièrement intéressant avec Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE - j'ai beau n'être d'accord avec lui que sur fort peu de sujet, il n'en reste pas moins un personnage interessant, comme la plupart des intervenants durant cette semaine d'ailleurs.
En soirée, après un match de football contre les hollandais (1-1, ça n'efface pas encore tout à fait l'humiliation de l'année passée mais on s'améliore, ils ont fui le terrain avant les penalties), rencontre avec le Meretz et soirée à Allicante avec Animo. Excellents moments suivis d'une fête jusqu'au bout de la nuit, de nombreux camarades partant déjà demain. Je termine ma journée à 8.30 après une longue discussion avec Graham, le président des Irlandais.
Dimanche 23 juillet
Je rate malheureusement ce matin le premier des deux séminaires auquels je voulais assister, consacré à la violence contre les femmes. Un séminaire avait organisé autour de ce thème par la FBJS lors de sa dernière activité "Démocratie on S'en Foot pas" (DSF) et je souhaitais approfondir le sujet. Tant pis.
Bilatérale avec les népalais, puis avec les Philippins, toutes deux des plus enrichissantes!
L'après midi se passe rapidement: adieux à David et Kati, nouveau séminaire, consacré à l'avortement, et c'est déjà le moment de faire le bilan de la semaine avec ma délégation tout en mettant sur pied les préparatifs du retour. Affronter au moment du départ les affres de l'arrivée (pas de navette, etc, etc...). Assister à la cérémonie de cloture. Un dernier repas avec le secrétariat d'Ecosy et puis finalement trois heures d'un repos malaisé avant d'embarquer dans les taxis à 6h du matin.
Lundi 24 juillet.
Avion à 10h, arrivée à Bruxelles vers 15h45. Train jusqu'à la gare centrale, 71 jusqu'au cimetière d'Ixelles... voila, c'est fini. Il y a 15 h, je m'activais comme un beau diable au milieu de 4000 camarades et me voila seul dans mon appartement vide. La fatigue accentue encore cette sensation de manque.
Bonne nouvelle: mon co-locataire a mis la main sur la sixième saison de West Wing, histoire d'atténuer un peu. Je m'en envoye un épisode avant de m'endormir comme une masse - rêvant déjà du prochain camp, l'année prochaine à Berlin pour le centième anniversaire de la IUSY mais aussi des nombreuses suites à donner en interne à cette expérience militante!
NB: bientôt les photos. ;-)

20 juillet 2006

Festival IUSY: c'est parti!!

On l'attendait avec impatience (mais si), le festival IUSY a commence ce mardi, a Alicante, grace a l'organisation (?) des jeunes socialistes espagnols.

Le MJS y est present avec une delegation de 20 personnes, sans doute une des plus importantes depuis longtemps dans ce type d'activite. nous y animons cet apres midi deux seminaires - l'un sur le processus de Bologne, ou parlera notre camarade de la FBJS Carlos Crespo, l'autre sur la protection internationale du travail ou j'essaierai de ne pas etre trop penible ;)

Ce soir, c'est a l'invitation du MJS France que nous collaborons a un autre workshop sur le theme " Reformisme ou revolution?". Et demain Alexandre Seron (federation de Mons Borinage) parlera de la protection internationale des migrants, pendant que Thomas Doneux (FBJS) interviendra sur la fuite des cerveaux du Sud vers le Nord. Enfin Quentin Mages (FBJS aussi... eeeh oui!) prendra la parole dans un troisieme seminaire consacre aux nouveaux mouvements sociaux et a la mondialisation.

Ce festival, qui regroupe des jeunes socialistes du monde entier, est toujours l'occasion de belles rencontres humaines et de debats politiques passionants. C'etait encore le cas hier: une premiere bilaterale parfois houleuse mais toujours cordiale avec les jeunes travaillistes israeliens, une rencontre avec les representants du "groupe de Visigrad" - pologne, republique tcheque, hongrie ... et slovaquie- autour de la situation dans ce dernier pays: ça s'imposait!
Et toujours une super ambiance avec nos camarades flamands d'animo et hollandais des JS in de PVDA.

Voila pour aujourd'hui, plus d'infos aussitôt que possible!

07 juillet 2006

Des papiers, pas des matraques!


Suite aux violences policières de mardi passé, voici la réaction de la fédération bruxelloise des jeunes socialistes. N'ayez crainte, l'épouvantail dont portrait ci-contre n'est pour rien dans la rédaction de ce texte.

Oui à la régularisation, non à la répression!

LA FEDERATION BRUXELLOISE DES JEUNES SOCIALISTES CONDAMNE LE RECOURS AUX VIOLENCES POLICIERES ET LEUR LEGITIMISATION PAR LE POUVOIR COMMUNAL.

Suite aux événements survenus à Anderlecht ce mardi 4 juillet et aux déclarations du bourgmestre MR Jacques Simonet, la Fédération Bruxelloise des Jeunes Socialistes exprime toute son indignation et condamne avec force l’attitude des autorités communales anderlechtoises.

Pour rappel, la police de la zone Bruxelles-Midi a procédé à l’évacuation forcée de 48 sans-papiers et de sympathisants hors de l’église Notre-Dame Immaculée. Ces personnes en lutte pour la régularisation de leur situation ont été transférées dans les centres fermés de Vottem, Bruges et Merksplas en vue de leur expulsion du territoire, et ce au mépris de toutes les formes légales.
Nous ne pouvons accepter ces expulsions sans un examen de chaque dossier au cas par cas, d’autant plus que parmi ces personnes, certaines sont en Belgique depuis de nombreuses années et attendent toujours une réponse définitive des autorités, suite à leur demande d’asile ou de régularisation. Non contents de faire usage de la force à l’encontre des sans-papiers, les policiers se sont ensuite retournés contre les défenseurs des sans-papiers assistant à l’opération et manifestant leur indignation à l’égard de la scène qui se déroulait sous leurs yeux.

Pour nous, Jeunes Socialistes, le recours à la force dans la confrontation des autorités avec un mouvement social ne peut jamais être considéré comme légitime. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les propos du Bourgmestre d’Anderlecht, suivant lesquels les officiers de la police zonale n’auraient fait « que leur devoir ». Dans une société démocratique, le rôle de la police n’est certainement pas de limiter la liberté d’expression des citoyens, ni d’opposer les matraques aux grèves de la faim. Nous nous inquiétons de la banalisation de ce genre de pratiques, de la répression systématique de tout mouvement social et du caractère de plus en plus violent de cette répression.
Par ailleurs, la FBJS rappelle que, pour elle, la question des sans-papiers ne peut être résolue dans le cadre d’une politique de frontières fermées. Les opérations de régularisation, continues ou au coup par coup, ne sont qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Pour les Jeunes Socialistes, c’est l’ensemble de la politique d’immigration qui doit être repensée, au niveau belge dans un premier temps et européen ensuite.

Dès lors, nous demandons à l’ensemble des élus communaux représentants des partis démocratiques de condamner sans équivoque le recours à la force ou à toute autre mesure marquée du sceau de l’autoritarisme dans la gestion des conflits sociaux qui pourraient survenir sur leur territoire, en particulier dans le cas d’occupation pacifique de bâtiments publics.
En outre, la FBJS demande au Parti Socialiste de ne pas soutenir le projet de loi Dewael qui sera discuté la semaine prochaine en séance plénière du parlement tant qu'un accord politique n'a pas été trouvé sur des critères clairs et permanents en matière de régularisation. La FBJS exige, à tout le moins, que la question de la régularisation des sans papiers soit incluse dans le prochain accord de majorité au niveau fédéral en cas de participation socialiste à au gouvernement en 2007

06 juillet 2006

Vienne I - quoi de neuf sous le soleil?


Me voila de retour d'une semaine de congés sur les bords du Danube, passés avec des camarades des SJ (encore merci à Leila et Steffie pour m'avoir accueilli chez elles).

En dehors des aspects purement touristiques, qui n'interessent finalement pas grand monde - inutile de nier, je le vois bien, et d'ailleurs ceux que ça interessent sont sans doute mus par une curiosité malsaine - ç'aura été l'occasion de me mettre un peu à jour quant à la situtation politique locale.

Ca ne constitue évidemment en rien une consolation mais, disons le tout net, le parti social-démocrate autrichien me donne l'impression de traverser une crise dont les conséquences à moyen terme n'ont rien à envier aux affaires de notre PS à nous.

Vous avez déjà entendu parler de la BAWAG? non? c'est normal, à moins que vous ne soyez un ponte de la finance en maraude sur ce blog. La BAWAG, c'est une banque autrichienne entièrement gérée par les syndicats. Dont, malheureusement, les dirigeants ont un peu foiré la gestion.
Oh attention, pas de grossièretés du genre "pris la main dans le pot de confiture". Non, non. Mais le fait est que la banque est sur la paille. Et qu'elle a du faire appel au Gouvernement pour ouvrir le parachute. Ce que les conservateurs de Schussel, alliés aux plus que demi fachos de l'OVP - vous vous souvenez d'Haider? - ont fait avec plaisir. A la condition que les syndicats dévoilent le contenu de leur trésor de guerre. Et nous voici donc avec un gouvernement de droite capable de déterminer presque au jour prêt la durée d'une grêve. Bien vu, camarades.

Bref, les choses se corsent, la réputation des syndicalistes est évidemment solidement tachée et que fait le SPO? Comme de trop nombreux partis, il limite sa vision à l'échéance la plus proche, à savoir les législatives de l'automne prochain. Et pour se démarquer des brebis galleuses, il refuse aux syndicats les représentants qui lui sont traditionnellement accordés (au sénat du parti ou dans les instances parlementaires, ce n'est pas parfaitement limpide).

Traduction: non seulement le SPO prend les autrichiens pour des clenches, en prétendant n'avoir été au courant de rien, mais en plus il laisse planer la menace d'un vrai split d'avec sa base ouvrière. C'est à dire qu'il adopte une stratégie qui lui promet à la fois une claque aux prochaines législatives et aux quelques suivantes également, puisqu'il me parait impossible pour un parti de gauche de se couper de sa base "ouvrière" et de gagner quoi que ce soit comme élection. Respect.

A coté de ça, et par contraste, le débordement d’activités de nos camarades viennois fait plaisir à voir. En l’espace de cette seule semaine, ils ont :
- organisé une scène au Donau Insel Fest –plus grand festival musical gratuit d’Europe, sous l’impulsion du SPÖ – s’offrant au passage une flash-mob devant le stand d’une association anti-avortement dont on se demande encore ce qu’elle fichait là,
- monté une action en faveur du refinancement du service civil (photo)
- et, finalement, pris part à la Gay Pride locale.

Vous en pensez ce que vous voulez, moi je dis que c’est une organisation dynamique.
Ou alors qui sait gérer son calendrier pour en mettre plein la vue aux visiteurs…

19 juin 2006

Un peu de régularité...

Un rapide message pour me mettre un mauvais point: pas été très régulier ces derniers temps, pour cause de boulot, principalement. La situation risque de ne pas s'améliorer d'ici la fin du mois: après presque un mois sous haute pression, je pars en vacances à partir de vendredi et jusqu'au premier juillet inclus.
J'essaierai de mettre l'une ou l'autre mise à jour en ligne mais sans garantie aucune. Désolé également de ne pas répondre aux commentaires ou aux critiques constructives. J'essaierai de rattraper tout ça au plus vite.
En attendant, je vous laisse en vous conviant à participer à une discussion organisée en ligne le 11 juillet prochain, de 12h15 à 13h45 avec le camarade Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE. Le thème porte sur "l'avenir de l'Europe" et vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions, normalement via le lien ci-dessus.

01 juin 2006

Bolkestein: le cauchemard continue


Finalement, la politique européenne, c'est un peu comme dans les films d'horreur. A la fin, on croit que le méchant est mort et bien mort. Sauf que les producteurs voient bien le pognon qu'il y a à faire avec des suites. Il ne reste plus aux scénaristes qu'à trouver une ficelle pour ressusciter les morts-vivants bien morts ou les vampires réduits en cendres à la fin du premier épisode. Et, pour faire bonne mesure, les revenants doivent être plus sanglants et plus difficiles à détruire que la première fois.
Et bien, notre ami Bolkie c'est exactement ça. Vous pensiez que la directive services avait du plomb dans l'aile après les manifs et la position de compromis arrachée au parlement européen? Alors tremblez car il revient et sa vengeance sera terrible: les producteurs - apprentis sorciers de la Commission et du Conseil ont fait une nouvelle proposition qui va moins loin que ce compromis. Et cette fois, la confédération européenne des syndicats applaudit bien fort: ouh, la belle proposition que voila, qui livre encore une fois la majorité des services sociaux aux forces du marché! Et Solidar aussi salue cette nouvelle proposition comme "un pas dans la bonne direction".
Je cours m'acheter une gousse d'ail et des balles en argent.

17 mai 2006

My own private IDAHO

Aujourd'hui, Journée Internationale contre l'Homophobie (International Day Against Homophobia = IDAHO).
Pas d'action choc prévue par le MJS, mais c'est aujourd'hui que Laurette Onkelinx devrait signer une circulaire plaçant l'homophobie aux côtés du racisme ou des violences conjugales, entre autres, dans le domaine du pénal.
On entend parfois dire que, en matière d'égalité des droits, la cause des homosexuels est entendue - en Belgique, en tout cas. C'est très discutable. Et c'est pourquoi le MJS se propose de coopérer à un séminaire organisé par le "queer network" d'Ecosy sur le thème "LGBT Rights: the agenda is fulfilled - is it?" lors du Festival International de la IUSY - Alicante du 18 au 23 juillet. Si vous n'avez pas encore réservé votre voyage, il n'est pas trop tard, mais il est temps. Prenez contact avec le secrétariat du MJS au 02/512.12.18.
En parlant du Queer Network d'Ecosy, il publie une newsletter spéciale à l'occasion de cette journée d'action. Vous pouvez la lire ici.

12 mai 2006

(Ici, écoutez la musique du "troisième homme")

Ce week-end, Bureau Meeting d'ECOSY à Vienne, grâce à l'hospitalité de nos camarades du VSSTÖ et du SJÖ.
A lundi!

10 mai 2006

La Sama, c'est fini?


Il y a des endroits magiques, qui ne paient pas de mine mais qui vous marquent un paysage culutrel comme pas deux. Par où tout le monde passe user ses fonds de culotte, sa voix, son foie ou le bout de ses doigts avant de devenir riche et célèbre. En tout cas célèbre.
Dans ce registre-là, à Bruxelles, on pouvait citer des caberdoechs épiques comme le Pol's ou plus chics comme le Travers. Le DES et son studio. Tous fermés depuis plus ou moins longtemps. Parfois ré-ouvert hors les murs. Et puis il y a la Samaritaine. Un café-théâtre, un vrai. Dans une cave voûtée - attention à la tête - qui vous donne l'impression de tout de suite être chez vous, d'être au milieu d'intimes et que tout ce qui se passe sur scène, musique ou théâtre, va vous changer pour de bon.
Même si vous n'y êtes passés comme moi que quelques fois, ça a dû vous marquer au point que, vous aussi peut-être, vous pensez que Brassens a écrit "chez Jeanne" tout exprès pour Huguette Van Dyck, l'animatrice depuis plus de 20 ans.
Et bien figurez-vous que pour aider un lieu comme celui-là, les pouvoirs publics se limitent à 65.000€ l'an, répartis entre la Cocof et la Communauté Française. Pas un balle de plus. La Ville ne donne pas un rond, la Cocof plafonne et la Communaté Française fait la sourde oreille aux demandes concernant un rab de 20.000 euros annuels supplémentaires. Faute de réponse, la Sama jettera l'éponge au 31 décembre...
Il paraît que l'âme d'une ville, ça n'a pas de prix...

09 mai 2006

Carte Blanche du MJS

Voici le texte de la carte blanche parue dans le Soir des 6 et 7 mai dernier.
Jeunes Flamands, asseyons-nous autour d'une table et dialoguons

Signataires: Tomé Andrade, Catherine Dieu, Brian Booth, Despina Euthimiou, Nicolas Bau (Mouvement des Jeunes Socialistes)

Le texte des Jeunes CD&V interpellant les «jeunes francophones» («On en a marre. Et vous, jeunes francophones», une «Carte blanche» publiée dans Le Soir du 27 avril) procédait essentiellement d'une analyse éculée et caricaturale de la réalité économique et sociales de notre pays. Se regrouper derrière l'étendard de la jeunesse pour proposer un texte si pauvre en idées nouvelles, c'est faire peu de cas de la crédibilité de notre génération. Nous avions alors deux possibilités: soit répondre dans le même ton et participer allégrement au débat houleux sur le communautaire; soit essayer d'aller plus loin, d'entamer un vrai dialogue, en invitant les jeunes flamands à venir nous voir et à discuter ensemble de la réalité sociales belge et de l'avenir de notre pays.

Les jeunes flamands, pas plus que les jeunes francophones, ne forment un ensemble homogène. Vouloir à tout prix opposer, de façon caricaturale, Flamands et francophones va à l'encontre de la volonté de la majorité de la population de mieux vivre ensemble. En effet, pour le Mouvement des Jeunes Socialistes, les aspirations sociales des jeunes sont fondamentalement les mêmes des deux côtés de la frontière linguistique: une éducation de qualité, un emploi stable, un logement correct, en somme, des perspectives d'avenir plus roses que ce qu'elles sont aujourd'hui.

Alors que l'Europe cherche à s'intégrer pour faire face à la mondialisation, la Belgique optera-t-elle pour le chemin inverse? Quelle vraie souveraineté auront une Flandre et une Communauté Wallonie-Bruxelles indépendantes? Le surréalisme fait partie intégrante du patrimoine culturel belge mais ne pouvons-nous pas éviter que l'anachronisme le devienne aussi? Notre génération est-elle condamnée à embarquer dans l'avion qui ira se crasher dans la tour de l'Yser? Ne peut-on pas faire mieux ensemble?

La régionalisation est devenue la panacée de la politique belge. Cédant aux pressions d'une partie minoritaire de leur population, les partis flamands sont partisans d'un processus de régionalisation permanent. Un peu comme si le communautaire servait de «Viagra» à une génération dont la ligne politique semble se réduire à un constat déprimant «nous ne savons pas quoi faire… alors régionalisons!». Le «gagnant» est celui qui régionalise le plus, peu importe l'efficacité objective, c'est avancer…

La régionalisation de la politique de coopération et développement en est un bon exemple. Inscrite dan la déclaration gouvernementale, cette mesure n'a pas encore – fort heureusement – été mise en pratique. Contre toutes les études et recommandations d'Institutions internationales comme l'OSCE, l'ONU ou l'UE, qui prônent une harmonisation et une coopération des pays européens, la Belgique voudrait diviser son aide, perdant ainsi en efficacité et, surtout, oubliant, pour satisfaire des revendications nationalistes, ceux qui sont les destinataires de cette aide, à savoir les populations des pays les moins développés.

Quant à la régionalisation de la sécurité sociale, qu'on nous brandit comme la revendication flamande pour 2007, elle est pour nous, jeunes socialistes, inacceptable. Un travailleur est un travailleur, nous le défendrons toujours, qu'il soit de Genk ou de Seraing. Un Etat qui n'assure plus la solidarité entre ses citoyens, par-delà leur communauté d'appartenance, c'est plus en capacité de jouer son rôle dans le Contrat Social – base de toute société. Si un jeune, de par le seul fait du lieu où il habite, n'a plus les mêmes droits sociaux qu'un autre qui vit de l'autre côté de la frontière linguistique, l'on ne voit plus ce qui nous réunirait encore. L'égoïsme économique ne sera jamais pour nous jeunes socialistes, la pierre angulaire de la construction d'une société. Mais est-ce que derrière cette idée de régionalisation de la Sécu, ne se cache pas une envie de privatisation?

Lorsque les gens ne se croisent plus, lorsqu'ils ne se connaissent pas, on ne peut s'étonner de la montée des stéréotypes, des clichés…

La méconnaissance de la langue d l'autre constitues une – voir la plus grande – entrave à la communication et à la coopération entre communautés. Le constat d'études récentes qui démontrent que notre génération a un niveau de connaissance linguistique insuffisant doit nous interpeller et nous amener à réagir. Profitons du multilinguisme de notre pays, permettons l'échange entre professeurs de nos communautés: un «native speaker» sera toujours plus efficace comme professeur.

Nous devons trouver des espaces publics de rencontre entre les jeunes flamands et les jeunes francophones: que ce soit par un service civil, que ce soit par la mise en place d'un «Erasmus» intra-belge, la vérité est que ces espaces manquent… Plutôt qu'échanger des discours musclés par médias interposés, asseyons-nous autour d'une table et dialoguons.

Venez connaître les réalités sociales de Bruxelles et de la Wallonie. Disons non aux préjugés, non aux caricatures.

Comme jeunes progressistes, nous souhaitons travailler avec tous ceux qui veulent défendre les droits économiques et sociaux des jeunes – de tous les jeunes – en mettant de côté les clichés, les stéréotypes et les confrontations communautaires stériles. Est-ce que les jeunes flamands – parmi lesquels les jeunes CD&V – sont prêts à entamer le dialogue sur cette nouvelle base?

05 mai 2006

Retour de volée pour Tony Blair


Tony Blair et le New Labour viennent de ramasser une solide calotte lors des élections municipales qui se tenaient hier en Grande-Bretagne.

Le lecteur attentif aura déjà compris que je n'ai pas de grande sympathie pour la doctrine défendue par le Premier Ministre britannique. Mais la défaite d'un parti frère n'est jamais une bonne nouvelle. En particulier lorsque cette défaite s'accompagne de la montée en puissance d'un parti ouvertement fasciste comme le British National Party. J'exprime donc toute ma sympathie à mes camarades du Young Labour et des Labour Students et le MJS leur adressera très rapidement un courrier.
Une série de remaniement ministériels sont déjà en cours. Des Blairistes du premier cercle, comme John Prescott pour ne citer que lui, sont sur le départ. Mais ces mouvements ne doivent pas servir de fusible et cacher l'essentiel. Il me semble qu'il est grand temps, après 9 ans de pouvoir, d'enfin se poser la question: y a-t-il encore un projet au Labour? Et si non, y a-t-il quelqu'un susceptible d'en ramener un?

... et des discours.

J'étais par ailleurs au congrès fédéral du PS bruxellois lundi matin. Pas de danger de trouver ici au menu des revendications collectivistes, hélas. Mais soit.
Se sont succédés à la tribune, le président de la très dynamique maison des jeunes d'Ixelles, Philippe Van Muylder de la FGTB-Bruxelles, Laurette Onkelinckx, Charles Picqué et Philippe Moureaux.
Van Muylder m'a semblé particulièrement tiède dans sa condamnation de l'état social actif - doctrine qui repose sur une forme de culpabilisation des exclus. Picqué reste dans son registre sombre et pessimiste mais sur un ton plus combatif ("j'en ai marre" plutôt que "c'est le bordel"). Et Moureaux s'est chargé des missiles communautaires. Sans oublier de flatter le dynamisme de sa commune. Rien de neuf sous le soleil.
Ah si, tout de même: Laurette a annoncé un plan en dix points pour le logement. Pour ma part, je n'en ai jamais entendu parler et les journaux n'ont pas relevé. Quelqu'un en sait-il plus? Ca m'interesse!

03 mai 2006

Retour sur un 1er mai: des actes...



A force de discours, d'évènements festifs et de référencement "fête du travail" dans les journaux de classe du réseau Communauté Française, on en finirait presque par oublier que le premier mai est d'abord la fête des travailleurs et un jour de lutte pour le mouvement socialiste.

C'est ce que nous rappelle le choix de cette date symbolique par le président bolivien Evo Morales pour procéder à la nationalisation des ressources pétrolières du pays. Il marche de cette manière sur les pas de son collègue vénézuelien Hugo Chavez. L'usage à des fins sociales des revenus générés par l'exportation du pétrole et les accords passés avec d'autres pays d'amérique latine ont permis d'améliorer considérablement l'accès aux services de santé et éducationnels pour l'ensemble de la population du Vénézuela - une réalité que le FMI lui-même aurait reconnu . On espère pouvoir faire le même constat en Bolivie d'ici quelques temps.

Evidemment, on peut regretter la forme: l'intervention de l'armée n'est jamais une réussite.

Mais les partis socialistes européens devraient regarder avec plus d'intérêt ce qui se passe à gauche en Amérique du Sud. Petit à petit, des gouvernements prennent des mesures courageuses pour remettre l'Etat au centre de l'activité économique. Au vu de ce qui s'est dit au cours de nos meetings ce week-end, réfléchir à des moyens non-violents de sortir l'Etat du seul rôle de gendarme du marché que la droite libérale consent à lui laisser n'est pas inutile. Et ces moyens existent - la nationalisation des chemins de fer britannique à la fin des années 40 pourrait être un bon exemple!