05 septembre 2006

Open your mind!


Etre socialiste, c'est évidemment être internationaliste. Je vous renvoie souvent à différents posts de nos camarades européens. Alors que l'ambiance est un peu tendue sur le front communautaire, j'ai plaisir à rappeler que les jeunes socialistes en Wallonie et à Bruxelles se sentirons toujours plus proche d'un autre jeune socialiste, quelle que soit sa langue, que d'un droitiste "bien de chez nous".
Depuis peu, Bram Boriau, le président d'Animo, a aussi son blog. A consommer sans modération!

5 commentaires:

Fredonino a dit…

Open your mind ??? En voilà une idée qu’elle est belle !!! Mais bon pour reprendre tes propos, dire que tu te réjouis que les jeunes socialistes en Wallonie et à Bruxelles se sentent toujours plus proche d'un autre jeune socialiste, quelle que soit sa langue, que d'un droitiste "bien de chez nous" c’est tout de même faire preuve d’un sérieux manque d’ouverture d’esprit. Tu nies tout simplement qu’au-delà des clivages politiques et communautaires, c’est je pense une entente globale et respectueuse des ideologies de tous qu’il convient de préconiser. Ce qui m’effraie dans ce propos c’est qu’on peut très simplement remplacer les mots “socialiste” et “droitiste” par “blanc” et “noir” ou “homo” et “hétéro” pour faire virer ton discours à l’extrême de la droite…

Brian Booth a dit…

Et si, dans la phrase "j'aime manger des moules", on remplace "moules" par "doigts de pied", on aura vite fait de dire que je ne suis pas un gastronome mais un dangereux anthropophage.

Bon, sérieusement, fredo, voila encore bien un commentaire qui montre que la post-modernité gagne du terrain. L'ouverture d'esprit, ce n'est pas la recherche de la synthèse. Et il faut avoir singulièrement peu de sens politique pour s'imaginer une seule seconde que le syncrétisme idéologique est quelque chose de tout simplement possible. Par définition, le socialisme et le capitalisme sont antagonistes.

L'ouverture d'esprit, c'est la capacité à écouter les arguments venant de différentes sources. Pas forcément de les cautionner: si nous nous sentons plus proches des jeunes socialistes flamands, ce n'est pas parce que nous sommes semblables en tous points, loin de là. C'est parce que nous adhérons, en individus critiques, libres et rationnels, à un projet de société commun qui touche à l'humain dans son universalité et pas dans le cadre étroit des frontières géographiques ou culturelles.

Non, franchement, c'est vivre dans une douce mais dangereuse illusion de croire que toutes les idéologies se valent et que, partant, leur coexistence pacifique est possible. Une idéologie qui justifie l'exploitation de l'homme par l'homme ne pourra jamais s'accomoder de l'existence de son anti-thèse. Et réciproquement, le socialisme ne peut être autre chose qu'une vue de l'esprit dans le cadre d'une société capitaliste.

Et voila, on va encore me traiter de dangereux gauchiste... ;)

André a dit…

DANGEREUX GAUCHISTE!!! ;-) ;-) ;-)

Plus sérieusement (aussi), ne pense-tu pas que c'est un progrès essentiel de la démocratie que de faire "coexister pacifiquement" des individus ne partageant pas la même idéologie ? Sans partager leur vision du monde, je n’ai aucun problème à me sentir plus proche de certains « gauchistes » que de bien des libéraux (Après un tour à la braderie d’Ixelles derrière Willy Decourty, je vais finir par me compromettre sérieusement…)

Sans prétendre posséder un quelconque sens politique, il me semble que l’histoire de l’Europe depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale prouve qu’une coexistence est possible. Personne ne réalisera jamais l’entièreté de son programme idéologique (heureusement), et on peut souvent regretter la recherche du « consensus mou » (paix aux mânes de Jean Gol), mais chacun à l’opportunité d’entrer dans le débat et d’apporter sa pierre à l’évolution de la société. Du reste, n’est-ce pas exactement le sens d’un engagement dans le processus électoral ?

Je suis peut-être bercé de « douces et dangereuses illusions », mais je pense que les expériences totalitaires et la lutte à mort des idéologies au 20ème siècle devraient nous servir de leçon. Sans tomber dans la compromission, ni dans la recherche d’un syncrétisme politique, je crois qu’il est temps d’accepter que personne ne détient LA vérité. La coexistence ne signifie pas la fusion, et c’est bien de la multiplicité des opinions que la démocratie tire sa richesse et sa force.

André

PS : Pour revenir à ton premier message, il est en effet indispensable d’entretenir des liens au-delà de la frontière linguistique…

Brian Booth a dit…

Salut André!

Ah, le débat s'anime! :)

En fait, nous sommes en désaccord principalement sur deux points, je crois (enfin, dans ce débat-ci, sur le reste, je ne fixe pas de quota, hein).

1. Je ne pense pas que la démocratie soit de nature à "faire coexister pacifiquement des personnes d'idéologies différentes". Elle a donné un cadre institutionnel à la lutte antagoniste entre les idéologies, ce qui est très différent. L'élargissement de la participation politique via le droit de vote a une écrasante majorité de la population a rejeté l'action violente à la périphérie du débat. Mais ne l'a pas supprimée, ni totalement déligitimée (je ne parle pas ici de le prise de pouvoir révolutionnaire mais bien de la grève, de l'action directe ou de la confrontation des mouvements sociaux à la répression policière). En ce qui concerne l'électorat, il reste encore beaucoup à faire pour que l'ensemble du corps social soit associé: étrangers, sans-papiers... Le boulot est en route mais il faut encore avancer.

2. Quant aux enseignements du XXème siècle, paradoxalement j'en tire les conclusions presque exactement inverse des tiennes. L'amélioration des conditions sociales (disons pour faire court l'instauration de la social-démocratie) qui se fait jour directement après la guerre ne me semble pas être l'expression d'une volonté de faire coexister pacifiquement les tenants du socialisme et ceux du capitalisme. Bien au contraire, il faut, à mon avis, la lire dans le cadre plus large de l'affrontement direct de ces deux idéologies dans le cadre de la guerre froide. C'est l'expression du rapport de force entre la bourgeoisie et le mouvement social, qui mène à une forme de trêve: plutôt que de prendre le risque de retomber dans une activité révolutionnaire du type allemagne des soviets ou autriche d'entre-deux guerres (avec une union soviétique plus présente et puissante), on assiste à une forme de compromis historique entre la "bourgeoisie" et les éléments les plus puissants de la gauche. Preuve qu'il ne s'agit pas de plus qu'une trêve, le mur de Berlin a à peine commencé de se lézarder que la droite attaque, et durement, les acquis sociaux. Attaques qui ne sont évidemment pas allées en diminuant depuis le changement complet des équilibres au niveau mondial.

L'essence du combat politique en démocratie n'est pas de parvenir à mettre sur pied une position de compromis mais bien de se rapprocher au plus proche de la réalisation de l'ensemble de son programme, du moins il me semble...

Clio a dit…

Coucou

alors andré m'a proposé de prendre part au débat et j'ai décidé de commun accord avec mon esprit que je suis soit trop stupide pour ça soit pas intéressée pour la simple et bonne raison que je considère qu'il faut parler à tous (premier principe de tolérance). Et que ne pas vouloir discuter avec des gens d'autres courants est très "petit esprit". Je suis même prête (et je l'ai déjà fait dans un café à Alost) de parler avec des gens du VB. Et que convaincre les gens de leurs idioties ou se laisser convaincre par des gens sur leurs bonnes idées (oui il y en a dans d'autres partis ... ok pas le VB ni le FN)c'est tjs mieux que de se fermer à tout.

Bisous