12 octobre 2012

Brêve de campagne - triste ironie

Hier, la majorité sortante distribuait dans toutes les boites de mon quartier un folder aussi riant qu'une lettre de conjoncture économique de Fortis. A force de graphiques, ils souhaitaient démontrer leurs résultats en matière de sécurité. 

Hier soir, un type a pris une bastos dans la jambe au bas de la rue Jean Jacquet, devant un des cafés les plus sympas du coin.

Y a des jours, on préfèrerait avoir tort... :-(

11 octobre 2012

Parlons de fond - Acte 2

Suite promise de cette série sur les points saillants du programme et les enjeux de la campagne communale à Koekelberg.

Vu le sujet du jour, on va tout de suite commencer par une mise au point. Chaque fois que je discute avec quelqu'un dans cette campagne, au bout de maximum 5 minutes de conversation, on me pose LA question. "Vous avez des enfants, monsieur?"

A ce moment là, je dois l'avouer, il me faut souvent mobiliser des générations de culture britannique pour garder tout mon flegme. Et juste répondre poliment "Non, madame/monsieur (biffez la mention inutile)". Même si l'envie est grande de rappeler trois choses, puisqu'en campagne, il semble difficile de maintenir une cloison étanche entre vie privée et activité de candidat. Petit 1, que le mode de reproduction humain étant fort éloigné de celui de l'hydre d'eau douce, je me trouve incomplètement équipé pour avoir des enfants tout seul (c'est un détail, mais enfin, puisqu'on me pose la question). Petit 2, qu'à ma connaissance, il ne faut pas être un steak haché en puissance pour défendre les vertus du végétarianisme. Et que d'ailleurs, petit 3, Condorcet n'a eu son unique enfant qu'à 50 balais passés, à peine un an ou deux avant de passer à la guillotine, et ça n'empêche pas de le considérer comme le père de l'instruction publique moderne.

Mais bref, déjà je m'égare. Vous l'aurez compris, aujourd'hui, je vous parle de la petite enfance et de l'instruction publique.

I. De quoi on parle?
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Au risque de me répéter, ce dont on ne me voudra pas vu le rythme de publication, Koekelberg est donc parmi les communes de la Région qui affrontent déjà un défi démographique annoncé sur toute la RBC d'ici à 2020. Cela se marque de façon très nette dans quelques données sur la structure de la population.

Sur un peu plus de 20.000 habitants inscrits, plus de 3200 sont agés de moins de 18 ans. 16%, excusez du peu. Avec ses 36 ans d'âge moyen, le Koekelbergeois est 2 ans plus jeune que le Bruxellois moyen. Il est aussi 4 ans plus jeune qu'il y a 10 ans de cela. Plus fort que Benjamin Button.

Si on ajoute à cela un autre phénomène propre à notre commune, à savoir que plus de gens quittent Koekelberg qu'il n'y en a qui viennent s'y installer, et si on veut bien constater que la population s'accroît de 3% par an, on arrive forcément à un constat simple : depuis 10 ans, Koekelberg se couvre de gamins.

Suivant les choix qui seront faits, ce peut-être une opportunité magnifique pour la commune ou une bombe à retardement dont l'explosion accentuera encore les tensions existantes entre le haut et le bas.

II. Le (non) bilan de l'équipe Pivin

Je ne voudrais pas me faire accuser de procès d'intention, mais j'ai suffisamment de respect pour mes adversaires politiques pour penser que les évolutions soulignées ci-dessus ne leur ont pas échappées. Ils sont libéraux, pas autistes. Et quand bien même ce serait le cas, le Gouvernement Picqué leur aura bien mis le nez dessus lorsqu'il a lancé son plan de financement pour de nouvelles écoles, puis pour celui de nouvelles crèches.

Et pourtant... Pourtant, en 6 ans, en tout et pour tout, 30 places ont été créées en crèche. Portant péniblement le taux de couverture à 15,4%. Contre 31% dans le reste de la Région. Traduction : les crèches de Koekelberg sont capables d'accueillir un enfant sur six seulement. Ailleurs, on atteint 1 bébé sur 3, un taux qui n'empêche déjà pas de se dire qu'il faut réserver une place en crèche après chaque tentative de conception, histoire d'avoir une chance au cas où. Chez nous, j'imagine qu'on gagnerait à se porter candidat à sa sortie du secondaire, on n'est jamais trop prudent.

Et pourtant... Pourtant, la majorité sortante n'a pas jugé utile de déposer un dossier dans le cadre du plan Picqué pour construire de nouvelles écoles. Toutes les communes voisines ont bénéficié de ce plan et verront leur capacité d'accueil scolaire augmenter. Et ici? Scholl, bucht en brol sur fond d'azur. On a envie de pleurer en passant devant la façade de l'ARK côté Lepreux. Mais donner un cadre scolaire correct à vos enfants est sans doute moins prioritaire que de les édifier avec le riche passé industrialo-chocolatier de la commune, cet âge d'or perdu durant lequel un jeune sur quatre dans la commune n'était pas condamné au chômage.
Les parents qui ne trouveraient pas de place dans l'enseignement public local, saturé, sont donc priés d'aller voir ailleurs si l'herbe n'est pas plus verte. Que ce soit dans le réseau libre confessionnel s'ils y parviennent. Ou alors dans les communes voisines. Si j'en crois mes camarades Molenbeekois, un nombre de plus en plus important d'élèves du secondaire sur leur commune sont domiciliés dans la nôtre.

Bref, dans le domaine, la politique menée par l'administration Pivin relève au mieux de l'autruche, au pire d'une stratégie de pourrissement. Soit ils pensent qu'en niant un changement qui dépasse de loin le cadre de notre seule commune, ils arriveront à le conjurer. Soit ils espèrent l'enrayer en limitant l'attrait de la commune par un refus délibéré d'investir dans des infrastructures essentielles au bien être de la population et donc au vivre ensemble. A moins qu'ils ne comptent sur les autres communes bruxelloises pour faire le boulot à leur place, ce qui n'est ni viable ni glorieux.


III. Le Projet Socialiste

Si les socialistes ne pensaient pas qu'une autre politique est possible, ils ne se fatigueraient pas à présenter une liste et un projet. 

Dans un premier temps, et vu la pénurie dont hériterait une nouvelle majorité, l'urgence est d'objectiver l'attribution des places d'accueil pour la petite enfance. Comme pour les logements communaux, il faut un règlement d'attribution équitable et transparent afin que cessent les attributions "à la tête du client". 
L'augmentation du nombre de places étant évidemment le deuxième point, il serait absurde de prétendre parvenir à augmenter la capacité d'accueil en gestion "pure publique" en un clin d'oeil. Nous souhaitons donc mettre en place un service d'accompagnement aux personnes qui souhaitent devenir accueillantes d'enfants encadrées. Cela pour faciliter leurs démarches, mais également garantir que les enfants sont accueillis dans les meilleures conditions. 

En passant, je souligne également les propositions protant sur le soutien aux parents: nous souhaitons les accompagner dans la jungle administrative et les aider à s'orienter au mieux parmis les nombreux services de soutien existants. 

En ce qui concerne l'enseignement communal, en particulier dans le primaire, les classes explosent. Il faut mobiliser les moyens nécessaires, en ce compris régionaux, pour résoudre ce problème d'accès. C'est indispensable si nous souhaitons conserver à l'école son rôle émancipateur. La réussite des projets que nous portons au niveau du renforcement des compétences passe nécessairement par une meilleure capacité d'accueil. Dès la première année du primaire, l'accent doit être mis sur le langage et les mathématiques, mais également sur l'initiation aux Technologies de l'Information et des Communications (TIC). Lesquelles constituent d'ailleurs des outils puissant pour donner aux plus jeunes le goût des langues étrangères. Langues étrangères que nous souhaitons également favoriser par le biais de classes d'immersion. 

L'investissement dans les infrastructures scolaires ne serait d'ailleurs pas réalisé au seul bénéfice des élèves. En dehors des temps scolaires ou de remédiation, elles devraient être rendues accessibles au tissu associatif local. 

IV. Mon petit plus.

Ce doit être mon côté internationaliste primaire, mais je pense que les écoles communales et les athénées présents sur le territoire ne bénéficient finalement pas ou peu des jumelages de la commune. Que ce soit pour la pratique des langues ou tout simplement pour renforcer l'esprit d'ouverture sur le monde qu'il appartient à l'instruction publique de donner à chacun, je suis d'avis qu'il serait souhaitable de travailler avec les équipes pédagogiques ici et là-bas pour tirer des liens privilégiés que Koekelberg entretient avec d'autres collectivités territoriales un véritable bonus pour sa jeunesse scolarisée.

J-3: la pression monte, je vous laisse pour le moment!


 

09 octobre 2012

Brêve de campagne

Je prends pas mal de retard dans mes publications ici, mais enfin, un truc aussi énorme, ça vaut bien un petit post rapide. Je découvre à l'instant que le puissant empire Pivin a décidé de transformer la commune toute entière en bistrot. 

En tout cas, c'est ce que je comprends du site de l'administration communale. "Koekelberg, où chacun se sent chez soi". Comme près de sa Stella, quoi...

Allez, Santé!


EDIT: Bon, l'image du bandeau est générée alléatoirement. Si vous avez autant de bol que moi, vous tombez sur celle représentant un verre et une bouteille de "1081" (bière locale"). C'est du meilleur effet...

 

30 septembre 2012

Et tant que je parle de logement...

Le JT de la RTBF consacrait un reportage au bilan "logement" de la Ville de Bruxelles. Au cours duquel la journaliste donne la parole à une locataire du parc privé, une locataire du parc public et à Pierre Hargot, présenté comme "un riverain" de Neder-Over-Hembeek, alors que son épouse est candidate sur la liste CDH.

Un dossier exclusivement à charge, et sans donner la parole à la "défense". Franchement, ce n'est pas très glorieux. 

Le sujet mélange allegrement les problèmes, d'ailleurs. Un tiers des nouveaux logements sont à Neder. Oui. Là où les réserves foncières existent. Des réserves foncières d'ailleurs convoitées par des promoteurs privés dont le principal souci est la rentabilité, plutôt que la qualité de vie des bruxellois.

Une zone "mal desservie" par les transports en commun vers le centre ville. C'est une critique récurrente et une plainte des habitants bien avant la création de ces nouveaux logements. Rappelons tout de même que la STIB est une compétence régionale. Et que depuis des années, le principal argument des responsables régionaux aux demandes de la Ville est que "augmenter la fréquence sur ces lignes n'est pas rentable, faute d'utilisateurs en suffisance". L'arrivée des nouveaux logements et des habitants qu'ils induisent affaibli considérablement la position de la STIB à cet égard. De plus, si la Ville ne compte pas restreindre ses efforts en matière de production de logements moyens (800 nouvelles unités sont déjà identifiées), la production de nouvelles infrastructures publiques est au coeur du projet pour les 6 ans à venir. 

Enfin, nous n'en aurions "pas fait assez" pour le logement moyen. On n'en fait jamais assez, c'est évident: le travail n'est jamais achevé. Mais Ouri a augmenté de 50% l'offre de logements moyens publics en 6 ans. Il a mis en place un système d'attribution objectif et transparent, qui permet l'accès à un logement de qualité et abordable pour une population qui va du minimexé au fonctionnaire européen. 20% du parc de l'offre de logement sur le territoire de la Ville relève des pouvoirs publics. Ce n'est pas assez, c'est vrai. Mais c'est une part énorme au regard de ce qui se fait dans le reste de la Région et même du pays. Et c'est bien pour poursuivre ce qui a été entamé que les socialistes bruxellois se présente devant l'électeur le 14 octobre. 

Parlons de fond - 1er épisode.

Quand on se promène dans la commune, à force de voir le faciès de Big Brother du bourgmestre sortant placardé partout, on pourrait croire qu'une campagne ne se joue qu'à la capacité d'imposer ses affiches à tous les coins de rue - et accessoirement à faire retirer celle des autres candidats, au mépris du respect le plus élémentaire des commerçants et, accessoirement, de ses opposants.

Traitez-moi de bisounours si vous voulez mais, pour ma part, si je suis d'accord pour dire que se faire (re)connaitre est essentiel, je reste convaincu que l'électeur vote d'abord pour un projet et pas seulement pour un type "qui a une bonne bouille" ou qu'il a vu et revu jusqu'à l'écoeurement.
Donc, c'est parti pour la présentation de quelques éléments clefs du programme socialiste à Koekelberg. Au menu du jour: le logement. D'abord parce que c'est mon domaine de prédilection. Ensuite parce qu'on peut prendre le problème par tous les bouts, un logement décent, c'est le point de départ indispensable pour tout le reste. De la santé (vous avez une idée de la quantité de maladies qui dérivent d'un logement en mauvais état?) à la formation (n'espérez pas que vos enfants réussissent à l'école s'ils n'ont pas un espace ou travailler à la maison) en passant par la simple autonomie financière. On estime que, dans la Région, il faut faire partie des 10% les plus riches pour ne pas dépenser plus qu'un tiers de ses revenus dans son logement. Que ce soit en location ou à l'achat.

Pourtant, un logement décent à un prix accessible est un droit garantit par l'article 23 de la constitution. Il y a du boulot. Et le moins qu'on puisse dire est que le niveau communal peut faire beaucoup pour concrétiser ce droit.

I. De quoi on parle?
(Ami lecteur, je te préviens tout de suite: c'est la partie la plus pénible. Si tu es venu pour une critique acerbe de la cour pivinienne, passe au point II. Si tu cherches ce que nous proposons, c'est aux points III et IV. N'empêche que j'aime faire les choses dans l'ordre, donc je continue sur mon point I.)

Quand on parle logement, certains pensent d'abord aux briques. Pour moi, il faut d'abord parler des gens. Koekelberg a beau être la commune la moins peuplée de la Région avec un peu moins de 21.000 habitants, elle affiche une densité de population trois fois supérieure à la moyenne régionale. Malgré cette densité importante, elle fait partie des communes bruxelloises où la population augmente le plus vite - en particulier dans le "bas" de son territoire: +25% en 10 ans. Et où la moyenne d'âge baisse le plus rapidement.

Ca veut dire quoi, ce charabia? Que les koekelbergeois sont de plus en plus nombreux, en particulier les plus jeunes d'entre eux. Et qu'en terme de besoin de logements, la pression s'accentue sur les loyers des grands logements (moins d'1% des 7500 logements de la commune comptent 3 chambres et plus) et les prix à l'achat de logements 2 ou 3 chambres, puisque le parc de logement disponible n'augmente pas aussi vite. Donc, si je résume: le koekelbergeois, c'est de plus en plus souvent soit une famille avec 3 enfants ou plus, qui a abandonné depuis un moment l'espoir d'accéder à la propriété et qui paie trop cher un logement trop petit, soit un jeune couple qui achète son premier logement, se saigne pour rembourser un prêt douloureux et qui envisage sans doute de revendre et de se barrer quand arrivera le deuxième enfant. Ah oui, parce que la population a beau augmenter, Koekelberg reste aussi une commune "de passage", avec un taux annuel d'entrées et de sorties au registre de population parmi les plus élevés de tout Bruxelles.

C'est assez fou, ce qu'on peut apprendre avec l'Institut National des Statistiques, non?

Bon, et ce n'est pas tout. Le parc de logements stagne. Accessoirement, il vieillit aussi. Pour l'essentiel, il date des années 50/60 et n'a pas fait l'objet des investissements nécessaires pour le maintenir aux normes. Et donc, il continue de consommer des quantités invraisemblables d'énergie. Et comme souvent, c'est la frange la plus fragile de la population qui paye le plus ce manque d'investissement. Au moins on gagne, au plus la facture d'énergie est élevée.
Cela dit, ça va paraitre incroyable à beaucoup de monde, mais quand on lit le rapport de l'observatoire régional des loyers, on s'aperçoit que 4% des logements de la commune n'ont pas accès au "petit confort". Traduction: il n'y a même pas de salle de bain. Bienvenue au 21ème siècle.


II. Le (non) bilan de l'équipe Pivin.

Quand on est confronté à une situation pareille, on ne peut pas rester sans rien faire, si?
Il faut croire que si. En tout cas, si on regarde le bilan de l'équipe sortante, on ne peut pas dire qu'on a pris le problème à bras le corps. Premier constat: on atteint péniblement les 8% de logement public sur le territoire de la commune. Essentiellement grâce aux 514 logements du Foyer Koekelbergeois. Pour rappel, l'objectif régional est d'atteindre 15% tous dispositifs confondus. 

Plus douloureux, les critères d'attribution des logements communaux sont pour le moins obscurs voire discriminatoires. Je n'ose pas imaginer ce qu'on aurait entendu si des logements publics avaient été régi par un système aussi opaque dans une ville wallone gérée par des socialistes...




III. Le projet socialiste.

Pourtant, le pouvoir communal n'est pas sans capacité d'action pour répondre aux besoins de logement des koekelbergeois.
Il y a d'abord toute la politique du logement public. La commune est propriétaire et gère directement une cinquantaine de logements.
Il y a aussi la mobilisation du foncier. Le paysage urbain à Koekelberg est parsemé de friches et de dents creuses, d'anciens sites de petite industrie désaffectés ou carrément laissés à l'abandon. Non seulement c'est moche, non seulement cela augmente les dépenses énergétiques des riverains, mais encore et surtout, ce sont autant d'opportunité perdues de construire des logements (et des équipements) neufs et de qualité. Qui peuvent peser sur le marché du logement privé en injectant une offre supplémentaire dont le prix ne serait pas dictés par des logiques de spéculation, contrairement à certains logements privés.

Il y a encore les outils pour "socialiser" et encadrer le logement privé. Il y a des propriétaires qui voudraient bien investir dans un bien qu'ils mettent en location. Mais qui n'y parviennent pas, soit qu'ils n'en ont pas les moyens financiers, soit qu'ils n'en ont pas les capacités techniques. C'est pour ces propriétaires là que nous voulons mettre en place une Agence Immobilière Sociale, qui pourra prendre en gestion ces logements, y effectuer les travaux nécessaires, et garantir aux propriétaires un loyer légèrement inférieurs aux prix du marché mais assuré toute l'année, tout en les déchargeant des soucis quotidiens de la gestion d'un immeuble.

Nous voulons aussi aider les propriétaires privés qui portent un projet sur leur bien à le mener à bien en limitant les obstacles administratifs. Le service de l'urbanisme de Koekelberg est connu pour sa lecture très restrictive du règlement régional d'urbanisme. Nous voulons changer l'approche d'une méfiance excessive vis-à-vis de ces porteurs de projet pour entrer dans une logique d'accompagnement au plus grand bénéfice de tous.

Enfin, les outils existent pour lutter contre les immeubles vides ou insalubres. En étroite collaboration avec la Région, il est possible de mener un combat efficace contre ces propriétaires qui spéculent ouvertement sur les besoins vitaux des habitants de la commune. De la mise en place d'une taxe sur les immeubles vides jusqu'à l'expropriation, toute une série de disposition légales permettent de forcer à remettre sur le marché des logements laissés à l'abandon ou, pire encore, exploités par des marchands de sommeil. A Koekelberg, tout est à faire dans ce domaine. L'ampleur de la tâche ne nous effraye pas, bien au contraire. 

V. Mon petit plus.

Le projet socialiste est assez complet dans le domaine. Tant qu'à faire, j'ajouterais encore deux points. 

Petit 1: En vue de la création de son pharaonique projet de musée du chocolat, Pivin aurait créé une Régie Foncière communale. Fort bien. Il faut que celle-ci devienne le bras armé de la politique du logement de la commune. Placée sous l'autorité d'un échevin du logement, elle doit rassembler l'ensemble des compétences nécessaires à augmenter l'offre de logements publics. Je dis ça, je ne dis rien, mais avec un budget équivalent à celui dédié au chocolate village, la Ville de Bruxelles a construit des projets de plusieurs dizaines de logements. Le parc communal actuel en compte 50. Les moyens existent donc pour doubler ce parc! Sans compter qu'il s'agirait là d'un investissement productif en tenant compte des rentrées locatives...

Petit 2: La Région a pris une décision lourde de sens pour le secteur du logement social. Les 33 sociétés immobilières de service public doivent fusionner entre elles jusqu'à ne plus conserver que 16 "SISPs". Le seuil de "survie" d'une société est fixé à 1500 logements. Le Foyer Koekelbergeois n'en compte qu'un peu plus de 500. 
A travers toute la Région, les grandes manoeuvres ont commencé. Sauf chez nous. L'équipe en place attend. Et espère passer à travers les mailles. C'est une illusion dangereuse pour les locataires et pour les employés du foyer. Ce qui pend au nez du Foyer, c'est d'être purement et simplement absorbé par une société plus importante, qui constituerait un pôle d'attraction naturel. Par exemple le Foyer Molenbeekois et ses plusieurs milliers de logements. Quand bien même le souhait de rester indépendant se réaliserait-il par miracle, quel espoir de peser auprès de la Société Régionale du Logement - qui tient les cordons de la bourse - une micro-sisp perdue au milieu de géants aurait-elle? Pour moi, il est essentiel que la prochaine équipe aux commandes de la commune fasse preuve d'une vision stratégique dans ce dossier, pour rester maitre du destin du "FK". Une taille critique peut-être atteinte en se rapprochant d'autres sociétés de taille équivalente, avec lesquelles nous pourrions traiter d'égal à égal. Notamment Jette, Berchem et Ganshoren.

11 septembre 2012

Un peu d'international sans quitter la Région.

Oui, je sais, je devrais passer chacune de mes secondes libres à faire campagne - et donc consacrer chaque ligne de ce blog à parler de celle-ci. 

Et bien ce soir, non. Parce qu'en sortant du Conseil Communal de Bruxelles, je me suis rendu à l'Assemblée Générale de la section du PS français de Bruxelles. Riez-en si vous voulez, mais je suis un fervent défenseur du cumul... des engagements. Si cela fait une dizaine d'années que je milite au sein du PS belge, ma longue association avec la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen m'a convaincu de m'affilier également à ce parti. Au sein duquel j'ai décidé de rejoindre le courant "Un Monde d'Avance", dont la ligne se rapproche le plus de ma conception du socialisme.

En cette période de congrès au PS français, cette AG était dédiée au premier compte rendu de mandat de Philip Cordery, député des français de l'étranger sur la circonscription du Bénélux, mais surtout à la présentation des contributions générales déposées par les différentes sensibilités au sein du parti. Je me suis donc retrouvé à présenter le texte d'UMA, "Réaliser le changement", devant cette honorable assemblée. Un texte d'ailleurs co-signés par les députés socialistes allemands qui se sont opposés à la ratification du fameux Traité Européen de Stabilité, Convergence et de Gouvernance sur lequel je ne manquerai pas de revenir. Je ne sais pas dans quelle mesure j'aurai convaincu qui que ce soit, mais en tout cas, j'invite tout le monde à lire cette contribution, ici. Un moment d'échange stimulant, qui aura permis de montrer à quel point les sujets les plus transversaux aux différents textes peuvent cacher des approches très différentes, mais aussi à quel point il est difficile de maintenir un débat sur le fond dans un parti qui accède au pouvoir après une longue période d'opposition. 

Un point sur lequel les principaux textes sont revenus est celui de la fiscalité, actualité belge oblige. Ca tombe bien (attention les yeux, transition spectaculaire), c'était aussi un des thèmes abordés par mon camarade tête de liste Ahmed Laaouej dans "l'interview" de Télé Bruxelles.
Télé Bruxelles qui a également ouvert la présentation de notre programme à Koekelberg et de l'équipe qui le porte vendredi dernier. Un reportage avec des vrais morceaux de moi dedans mais également d'Ahmed et de ma camarade Ornella Prifti (11ème sur la liste) que vous pouvez voir ou revoir ici avant vendredi prochain. 

Et non, non, je n'oublie pas ma promesse de revenir plus en détail sur le programme en question.

Sur ce, amis des transitions périlleuses, bonne nuit!


10 septembre 2012

Premières sorties...

Oui, moi aussi, ça me fait bizarre d'exposer ma bouille comme ça...
Ces deux derniers week-ends, le "sac à tracts" au dos, un plan dans une main et ma frimousse sur papier glacé dans l'autre, en compagnie de quelques amis, nous sommes partis à l'assaut des boites aux lettre de Koekelberg. 

Au menu, trois quartiers, presque 5.000 boites, et derrière chaque boite une famille, avec ses secrets, ses envies, ses besoins et, sans doute, sa volonté farouche d'endiguer l'inondation électorale dont ils risquent d'être victimes dans le mois qui nous sépare encore du 14 octobre. Trois zones qui reflètent toute la diversité de la commune. 

Mon quartier d'abord. Le quartier Jacquet, entre les Etangs Noirs et Osseghem d'un coté et le Parc Victoria de l'autre. Le "coeur historique" de Koekelberg. Un territoire marqué par un désinvestissement quasi-total de la puissance publique, malgré la présence de l'essentiel des logements du Foyer Koekelbergeois. Un quartier parsemé de friches urbaines et de bâtiments vieillisants. Que la Région a classé en Espace de Développement Renforcé du Logement et de la Rénovation. Sur lequel cette même Région investit dans un Contrat de Quartier. Et dont la majorité actuelle ne sait manifestement pas quoi faire - puisque le volet logement et rénovation y est sous-exploité, comme d'ailleurs le volet voirie qui aurait pourtant vraiment besoin qu'on y travaille un chouia...

Un quartier vivant, pourtant, où des belges de toutes origines se croisent et se mélangent sur les terrasses du Derby ou du Schieven Hoek, dans les petites épiceries ou les nombreux night shops qui constituent les seuls commerces du coin. Ici, pas de risque de trouver un point presse, une librairie ou un disquaire. Un quartier où tout semble à faire. Et où les habitants ne demandent qu'à participer au changement et à la rénovation urbaine... pour peu que la commune daigne s'en soucier. Où l'accueil est d'autant plus chaleureux et les échanges d'autant plus riches (avec tous, quelles que soient leurs orientations politiques) que l'impression est forte d'être abandonnés par les occupants d'une maison communale pourtant située 200 mètres plus haut à peine. 

Puis le quartier Bastogne, autour de la place du même nom (oui, c'est dingue comme on ne se casse jamais la tête pour nommer les quartiers, hein? ), et ce périmètre compris entre l'avenue de la Basilique, l'avenue du Château et celle de l'Hopital Français. Ici, changement de décor assez radical, entre petites maisons unifamiliales et immeubles à appartements cossus. Moins de mixité dans la population aussi. Mais une idée de ce que peut être le bas de la commune, si on se donne la peine de s'y intéresser - du point de vue de l'entretient, s'entend. Parce que sinon, même constat. Une petite impression d'ennui : pas plus que dans le "bas", on ne trouve dans le "haut" l'animation culturelle que la commune mérite. Peu de commerce encore. Et l'aménagement de l'espace public reste pauvre, à aucun moment il ne donne l'impression de favoriser la rencontre, l'échange, enfin ces petites choses qui permettent à tout un chacun de s'approprier son lieu de vie, s'y identifier et en tirer une légitime fierté. 

Ah si, une belle découverte tout de même! Vous le saviez, vous, que l'aquarium de Bruxelles se trouvait à Koekelberg? Et bien si. Caché derrière une porte de garage, au fond d'une cour intérieure, cette institution suffisamment reconnue au niveau international pour s'intégrer dans des programmes de sauvegarde de poissons d'eau douce menacés tente de survivre entre des subventions mal assurées et l'enthousiasme des bénévoles et des quelques employés passionnés... Une longue conversation et un beau moment... et peut-être déjà des projets possibles avec les amis qui suivent la commission "pêche" au Parlement Européen.

Mais une constante, dans le haut et dans le bas de la commune: en discutant avec les habitants, je suis conforté dans la conviction que le programme de la liste socialiste répond réellement aux attentes de la population...

Programme sur lequel je reviendrai dans les prochains billets.



(PS: oui, alors, faut bien le dire, ça manque cruellement d'illustrations cette histoire. Je les ajouterai au fur et à mesure que je mets la main dessus...)

08 septembre 2012

Sur les chapeaux de roue

Il y a un truc qu'on a parfois tendance à oublier quand on se lance dans une campagne, c'est qu'entre les tractages, les affiches et les rencontres sur le terrain, le volume du travail "normal" ne diminue pas. Et que les journées, malgré l'approche de l'équinoxe d'automne, n'ont pas le bon gout de subitement compter plus de 24heures chacune.

Et, heureusement, le travail "normal" ne manque pas. Même en cette période pré-électorale, la Ville de Bruxelles continue de tourner, les besoins en logement de ses habitants ne sont pas abolis par un coup de baguette magique, les locataires ont toujours droit à un service de qualité. Concrètement, si je jette un oeil sur la semaine qui vient de s'écouler, comment cela se traduit-il? 

C'était d'abord la préparation et l'analyse en profondeur de dossiers pour le comité d'attribution d'un subside à des associations actives dans le domaine du "socio-sanitaire". Six beaux dossiers qui permettent de voir toute l'étendue du travail qu'il reste à faire pour de nombreux bruxellois en matière d'accès aux soins, notamment. Mais qui montrent aussi le dynamisme et l'enthousiasme du tissu associatif présent dans toute la Région. 

C'était aussi le suivi de plusieurs projets dans le cadre des contrats de quartier, dans lesquels Ouri et la Régie Foncière sont particulièrement actifs. En l'occurrence, c'était surtout le contrat de quartier Rouppe qui était à l'honneur cette semaine, où la production de logement se poursuit bien sur, mais où nous portons également un projet de rénovation urbaine en faveur des commerces du Palais du Midi. 

C'était le suivi de l'attribution de potagers du coté de Neder-Over-Hembeek, parce que notre conception de la ville et du rôle de la Régie n'est pas seulement de poser des briques mais surtout de contribuer à l'amélioration du cadre de vie pour tous, en ce compris en dehors du logement.

C'était aussi la rencontre de gestionnaires de commerces et de comité d'habitants, afin de nous assurer que les différentes activités dans la ville cohabitent harmonieusement, que l'activité des uns n'empiète pas sur le bien-être des autres. L'occasion aussi d'accompagner dans leur projet des gens qui souhaitent participer au développement économique de la Région ou la recherche de locaux pour leur association.

C'était la préparation des comptes 2011 de la Régie Foncière, le suivi du projet d'exposition pour les 10 ans de cette institution, celui des attributions et des travaux à effectuer dans les plus de 3000 logements du parc communal.

C'était bien sur la préparation du Collège hebdomadaire, ce moment clé de la politique locale, au cours duquel le bourgmestre et les échevins coordonnent les projets des différents départements de l'administration, font des arbitrages nécessaires quant aux priorités à concrétiser, etc. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais ce sont toutes les semaines plusieurs centaines de rapports à éplucher, et sur lesquels échanger avec mon échevin et mes homologues dans les autres cabinets, des argumentaires à développer, des solutions à trouver dans des délais parfois très courts...

C'était encore la préparation du Conseil Communal de lundi, les réponses aux interpellations citoyennes ou à celles des conseillers communaux.

Toutes choses auxquelles il faut ajouter les demandes ponctuelles, parfois surgies de nulle part, mais toujours légitimes et qui méritent d'être traitées avec la même attention que tout projet porté en interne.

Ca ne laisserait pas beaucoup de temps pour continuer d'avoir une activité militante, si je ne pouvais compter sur le soutien d'une équipe en or et d'un échevin incomparable. Je profite donc de l'occasion pour remercier ici toute la OuriTeam, eux aussi "travailleurs de l'ombre" sans lesquels rien ne serait possible. France, Amal, Alexandre, Saida, Rapahel, Yasin, Sanae et Thierry: votre engagement pour les bruxellois fait aussi que je suis fier d'être socialiste et de porter les couleurs du parti dans une élection.

01 septembre 2012

C'est reparti!

Coucou, me revoila...

Alors, commençons par une observation cash: "non", cette résurrection à 40 jours des élections communales n'est pas un hasard, et "oui" si je me propose de ranimer ce blog lancé il y a bien longtemps et laissé en jachère depuis plus d'un an, c'est pour vous parler de ma candidature à Koekelberg, du projet que je compte porter avec mes camarades socialistes pour notre commune, des bricoles et des bons moments qui émaillent toujours une campagne. Parce que, oui, oui, je suis candidat, des fois que le lecteur distrait n'aurait pas vu l'affiche qui illustre ce billet. Plus exactement, troisième candidat sur la liste PS emmenée par Ahmed Laaouej, qui est un type particulièrement bien et dont j'aurai l'occasion de vous reparler ici.

Ah oui, et je compte aussi continuer de faire des phrases à la Proust de 15 lignes chacunes. On ne se refait pas...

Alors bien sur, on ne peut pas dire que ce blog soit l'outil le plus sexy du monde, que son design soit à la pointe du graphisme web ou qu'il va révolutionner la communication 2.0. Honnêtement, ça ne m'empechera pas de dormir, pour autant qu'il puisse (re)devenir un outil d'échange et de communication avec toi, lecteur chéri. Par ailleurs, je tiens à souligner dès maintenant que je ne renie pas une virgule de tout ce que j'ai pu poster ici au cours de ces six dernières années. A part une ou deux fautes de frappe ou d'orthographe, sans doute. J'espère au contraire que ces "archives militantes" permettront à ceux qui arriveraient ici plus ou moins par hasard de se faire une idée sur mon compte, en bien ou en mal.

Voila. A très vite donc. Là, je file: boitage et affichage sont, parait-il, les mamelles d'une campagne qui commence!